« Et bien soit j’attends impatiemment le moment où ils se réveilleront dans le monde réel ! »
@le moine...
Je revoyais naguère quelques épisodes de « Star Wars », qui a tant fasciné les adolescents boutonneux des années 80 et que, pour cette raison, j’avais négligé de voir entièrement à cette époque : le premier film m’avait suffi. C’est bien pire encore que ce que j’avais imaginé mais le « côté obscur de la Force » cent fois évoqué dans cette grosse production hollywoodienne m’a tout de suite fait penser à vos articles. C’est bien la même espèce de métaphysique de bazar, paranoïaque en diable, capable d’expliquer tout ce qui survient par une causalité occulte très « obscure ». Bref, une espèce de grand manichéisme assez comparable, du reste, à celui d’un ancien Président des Etats-Unis un peu porté sur la bouteille dans sa jeunesse et finalement « born again ». Il aura bien fini, mû par une obscure révélation, par se « [réveiller] dans le monde réel », comme vous dites, afin de partir en guerre contre l’Empire du Mal.
Vous opérez un grand renversement dialectique tout à fait dans la tradition hollywoodienne : c’est le Bien façon Bush qui -ô surprise !- serait en fait le Mal, c’est l’Amérique qui serait donc la cause de tous les maux. Et ceux qui la combattent sont donc nécessairement du côté du Bien. Evidemment, quand les ennemis du Mal absolu « made in America » se recrutent du côté de l’Etat islamique, ça devient un peu embarrassant. Les ennemis (Etat islamique) de nos ennemis (Etats-Unis) sont-ils pour autant nos amis ? Ce qu’on peut savoir des zélateurs d’Abou Bakr al-Baghdadi nous les rend-il particulièrement sympathiques ? Sont-ils vraiment meilleurs que les Américains ?
Qu’à cela ne tienne ! Il ne faut pas se fier aux apparences : ils ne sont tout simplement pas ce qu’on dit qu’ils sont. On dit qu’ils coupent les têtes, mais c’est du cinéma puisque c’est filmé. On dit qu’ils persécutent les chrétiens, qu’ils violent les femmes de la communauté Yézidis, qu’ils les vendent comme esclaves, mais les journaux disent tout et n’importe quoi et quand ils disent une chose, on peut être absolument certain à tous les coups que c’est un mensonge. On nous montre une video où on oblige des soldats à se coucher à plat ventre pour qu’il soit plus commode de les massacrer à la kalachnikov, mais là encore c’est du cinéma puisque c’est filmé, et c’est tout aussi faux que cette histoire de deux cents lycéennes capturées par Boko Haram : jamais des musulmans qui se réclament d’une religion de paix et d’amour ne sauraient se livrer à de pareilles exactions ! La presse a pareillement inventé les crimes de Mehra à Montauban et à Toulouse, celui de Nemmouche à Bruxelles, pour faire croire qu’il existerait une menace jihadiste et faire peur à nos pauvres concitoyens qui croient bêtement tout ce qu’on leur raconte. Quant aux images des villes Syriennes dévastées par les armées de Bachar el-Assad, ce sont des fabrications pour la propagande. En fait, la Syrie est en paix plus que jamais et il ne faut pas croire ce qui nous est montré.
J’évoquais en commençant la série Star Wars. On nous y fait voir des villes du futur très habilement conçues en images de synthèse. On les voit mais elles n’ont jamais existé. On nous a montré des milliers de fois des avions percutant les twin towers, mais là encore, c’était une fabrication : il n’est pas bien difficile de montrer au cinéma des avions qui n’existent pas percutant des tours qui n’existent pas non plus.
Les imbéciles croient qu’il existe un monde ; en vérité, le monde n’existe pas. Comme Berkeley, il faudra bien se résoudre à la fin à devenir solipsiste. Le « monde réel » dont vous parlez, c’est l’imaginaire, et rien d’autre n’existe. Allons renaître au cinéma et n’en sortons plus jamais, ça nous remettra vite les idées en place. Nous serons tous enfin les « born again » du « côté obscur de la Force ». Au reste, je me sens déjà rajeunir. Areuh, areuuuuh !