Bonjour, Loryeber.
Désolé, mais votre article n’est pas convaincant sur
différents points.
Et cela dès le départ : en affirmant que 98 % des Français ne perdent plus
leur temps à regarder les conférences de presse de Hollande, vous commettez (volontairement
ou pas) une grosse erreur. Avec 1,4 millions de téléspectateurs, le
locataire de l’Elysée a attiré... 12 %
des personnes présentes devant le poste, et non 2 %, et cela bien que ni vous ni moi n’y étions !
Il est à cet égard intéressant de comparer les performances de
Sarkozy au 20 heures de dimanche et celles de Hollande dans le même exercice
quelques mois plus tôt : 8,5
millions de spectateurs pour le premier nommé, avec un grand renfort de
publicité et la mise en scène surmédiatisée du « retour », contre 8 millions pour un président déjà très
impopulaire. Étonnant, non ?
Cela précisé, d’accord avec vous sur l’action de Hollande. On
le savait « social-démocrate » et ce positionnement politique - constant
chez lui - constituait à mes yeux un repoussoir et, comme par le passé,
justifiait amplement mon vote FdG de 1er tour. Je craignais, après
son élection, qu’il ne cède rapidement à ses fondamentaux libéraux en
contradiction avec les discours de campagne. Après 18 mois de tergiversations
molles, c’est ce qu’il a fini par faire en janvier 2014. Au moins, les choses
sont claires !
Doit-il pour autant partir ? Non, car sa légitimité
reste intacte en regard de la Constitution, et il peut s’appuyer, pour mener sa
politique antisociale, sur une majorité, certes réduite, mais suffisante. Un
départ prématuré aurait en outre le désavantage de propulser au pouvoir – et avec
une très large majorité - une droite encore plus dure pour les classes
populaires, faute d’une gauche de progrès en état de récupérer les déçus du PS.
Vous évoquez un chaos prévisible. Mais de qui parlez-vous ?
Certainement pas des masses d’ouvriers et d’employés qui sont actuellement totalement désabusés, et en
grande partie fatalistes devant une situation dont ils estiment (tous les
sondages sont d’accord sur ce point) qu’elle ne serait pas meilleure, ou à
peine, avec les partis d’opposition.
C’est donc aux paysans incendiaires de
Morlaix, très largement menés par la très droitière FNSEA, elle-même pilotée
par les grands céréaliers, et aux très droitiers patrons de l’Ouest qui ont
manipulé les Bonnets rouges, que vous faites allusion. Pas sûr que ces
mouvements, à visée très corporatiste, pour ne pas dire poujadiste, puissent
constituer de bons exemples à suivre !
Enfin, votre chiffon rouge sur la France et l’Europe n’est pas
crédible un instant. L’UE n’éjectera évidemment pas la France, pays fondateur
et 2e économie de l’Union. Et la France ne coulera pas cette même UE
dans la mesure où ses résultats restent grosso modo dans la moyenne du
continent et ne menacent pas la pérennité de l’ensemble.
En politique, le principal danger est de prendre ses désirs
pour des réalités !