Compléments
(2)
Une idée reçue veut que la morale soit non seulement
inutile mais nuisible en politique.
Il fut un temps - en France quand les giscardiens
étaient au pouvoir - où des politiciens parlaient publiquement de la
philosophie et de l’histoire comme de vieilleries devenues inutiles et encombrantes face à
la nécessité de se consacrer exclusivement à la réussite économique. On le dit
peut-être moins mais on a mis cette conviction en application, et on l’a fait
mondialement : l’économisme a presque
partout vaincu l’humanisme, au moins dans les raisonnements et les comportements
des politiciens.
L’économisme est cet a priori philosophique selon lequel le sens de
la vie humaine s’exprime exclusivement ou presque dans l’activité économique :
l’homme ne vit peut-être pas seulement de pain mais il vit avant tout pour la compétition économique. M’étant
déjà exprimé longuement là-dessus sur Agoravox (1) je ne veux insister ici que
sur ce seul point : bien des intellectuels, notamment des journalistes tout
autant que des politiciens ne ressentent plus aucune obligation d’être
rigoureux dans le sens qu’ils donnent aux mots.
La déformation, voire l’inversion du sens des mots est devenue une pratique très
courante, et très consciente. Bien des journalistes amateurs la pratiquent sur
Agoravox et un commentateur au moins s’en est fait une spécialité dans les
débats concernant l’islam : pour lui l’amour (notamment
chrétien) c’est la haine, la paix c’est la guerre, la barbarie pratiquée sur
les animaux devant les enfants c’est une excellente formation à la vie
d’adulte...
Comment, en ce temps où l’évolution technique permet
de dire n’importe quoi à tout le monde par l’intermédiaire d’Internet, comment
s’étonner qu’on le fasse quand des journalistes professionnels, qui devraient
être plus rigoureux que jamais, donnent l’exemple des faux traitements de
sujets les plus importants de l’époque, voire même « interdisent »
qu’on les traite honnêtement.
Bien entendu, ils n’obtiennent pas que les sujets ne
soient pas traités mais ils obtiennent
qu’ils le soient dans la déformation.
Partir de positions devinées, supposées, puis
présentées comme certaines est la réalité du déroulement de nombreux
« débats » sur des problèmes gravissimes. Très peu de débatteurs
rectifient avant de donner leur avis. Beaucoup, même, en rajoutent dans la
déformation. On a ainsi installé,
parallèlement à la dissimulation, la tricherie, le mensonge qui sont une
pratique encouragée chez les musulmans dès le lancement de l’islam, la « taqîya journalistique » dans le
monde théoriquement laïc de la République française. (2)
(1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-le-socialisme-150555
(2) Cette « taqîya » laïque, ou plus
simplement le grossier non-sens, peut-être pas toujours intentionnel, ne
s’entend pas seulement dans le (non) traitement de la violence islamique. Ainsi
par exemple parle-t-on couramment depuis longtemps d’« homoparentalité »
alors qu’il est scientifiquement certain, à 100 %, qu’une union homosexuelle ne
peut pas engendrer la procréation.