André Chenet
Vous faites fausse route, et ce n’est pas très courageux de répondre, le 2 à 18 h 42, à tf1Groupie, qui n’a pratiquement rien ajouté à ce
qu’il ou elle avait dit précédemment, alors que c’est moi qui lui ai apporté
mon soutien sur un point précis.
Vous ne pensez pas à gauche et côté coeur. Vous pensez fausse gauche
et côté indignation démagogique.
Votre aptitude à capter les mouvements
sensibles dans l’air du temps vous installe, je le répète, dans le nouveau conformisme. Car c’est lui qui
est dans l’air du temps et qui s’y proclame nouvelle sagesse et nouveau droit.
Il conduit, je l’ai dit ici en clair, à faire de la fausse gauche, sur un point
précis, l’authentique nouvelle
extrême-droite (1)
Et c’est dans le sable de l’aveuglement ou/et de la lâcheté que la
fausse gauche a déjà basculé la tête la
première (2)
Je pourrais insister sur l’insulte aux millions de victimes des
véritables fascismes que constitue votre attitude « poétique »
consistant à minimiser ces derniers face à cette
montée d’un fascisme innommable, absolument inédit dans l’Histoire de
l’humanité, mais je préfère dire que vous faites fausse route car je suis
d’accord avec vous sur certains points.
La France s’est bien, comme vous le dites, vendue au FMI et à l’Otan, mais les ravages que vous attribuez à
juste titre aux élites apatrides n’a
pas la forme du plan que vous leur
attribuez, et la référence à Orwell n’est pas juste. Celui-ci n’a pas décrit une dictature US sans précédent,
mais il a bien prédit, comme vous le pressentez, le monde épouvantable dans
lequel la violence étatique serait portée par la tricherie médiatique.(3)
Mais s’il est épouvantable, ce monde en cours d’élaboration, ce
n’est pas parce qu’il serait planifié par des individus à la pensée barbare, à
la manière des fascismes nazi ou stalinien (authentique fascisme avant la
lettre). C’est parce que la tricherie médiatique et la violence étatique se
mettent l’une et l’autre au service de l’économisme
contre l’humanisme. Et cela n’est pas le choix d’une sinistre minorité
uniquement occupée à servir ses intérêts propres, c’est le choix d’une énorme
majorité, au moins dans les pays où, comme en France, les citoyens ont les
moyens de s’exprimer librement et de
s’organiser pour que ça change.
Or ils ont, jusqu’à ce jour, choisi
de ne pas changer. Ils ont choisi la croissance imbécile de la production et de
la consommation contre l’indispensable
décroissance de celles-ci et de la population mondiale (ou au moins sa
stricte limitation à son niveau actuel). Où sont donc les exigences de donner
la parole, pour le moins, aux partisans de ces décroissances ? Au lieu de ça on
a régulièrement, comme en ce moment, publication de belles résolutions
d’atteindre des chiffres rassurant
sur la protection de la planète qui seront suivis, comme depuis des dizaines
d’années, de la ferme décision de continuer à servir l’économisme qui les rend
totalement inatteignables, et même inapprochables.
Et si on en est là, c’est que les partisans de la
« désobéissance civile révolutionnaire » sont tout aussi résolus que la
Droite et l’extrême-droite à ne pas
préparer la répartition radicalement différente des produits de la nature
et du travail des hommes. On en a vu récemment la preuve, chez bon nombre
d’entre eux, dans le refus de moduler les allocations d’aide aux familles en
fonction de leurs revenus. Pour une fois que la gauche au pouvoir faisait une
petite proposition réellement de gauche c’est le réflexe contre-révolutionnaire qui a une fois de plus prévalu. J’en vois
une autre preuve dans le soutien à la politique de "grand remplacement du
peuple", fort justement dénoncée par Renaud Camus, alors que les fausses
gauche et extrême-gauche n’ont aucune exigence de rendre aux peuples qui fuient
du sud au nord le bénéfice de leurs richesses propres.
Je suis convaincu que la solution ne peut être que de type
socialiste mais je suis aussi impuissant que vous face aux difficultés sans
précédent qu’il y a à la mettre en chantier (4). Comment, par exemple, sortir
de l’Europe de la soumission aux marchés, aux banques et à l’islam mais à condition de la remplacer
immédiatement par une Europe des peuples ayant retrouvé leur patriotisme et
leur goût d’une réelle solidarité avec
les peuples les plus démunis ? Je ne connais pas la manière de réaliser ce
miracle mais il me paraît indispensable pour que le bien réel totalitarisme des
USA ne vienne pas aggraver encore et brutalement la situation, et pour qu’enfin
il y ait une réelle mondialisation
inversée : solidarité mondiale contre le délétère économisme qui engendre
les scandaleuses inégalités, les migrations aggravantes, les guerres et la
destruction de la planète nourricière.
Soyons civilement exigeants, mais lucides et modestes. Pas violents dans
l’inconscience et la mauvaise foi cultivées.
(1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/desacraliser-la-violence-et-158100
(2) http://ripostelaique.com/le-nouveau-negationnisme-fait-des-ravages-chez-certains-lecteurs-de-riposte-laique.html
(3) un livre important sur le sujet : Sous le soleil de Big Brother. Précis sur « 1984 » à l’usage des années 2000 (par François Brune, éd. L’Harmattan, 2000)
(4) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-le-socialisme-150555