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Commentaire de Depositaire

sur Erdogan confirme l'inégalité homme/femme pour l'islam : un appel à réagir pour les féministes et au-delà !


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Depositaire 29 novembre 2014 13:56

Comme d’habitude, dès qu’il s’agit d’islam, tous les préjugés ressortent. Alors, reprenons certains points afin de rectifier les choses et de rétablir la vérité.

Je ne vais pas partir dans les condamnations contre ceux qui dénigrent l’Islam, car de deux choses l’une : ou les gens sont mal informés et sans le savoir répètent les préjugés qui ont cours sur cette religion et, s’ils sont sincères, une information objective et argumentée sur ce qu’il en est fera disparaître leurs préjugés alimentés par l’ignorance. Dans ce cas, les condamner ne servira à rien et ne fera qu’alimenter l’ignorance à cause d’une réaction émotionnelle excessive qui les fera se raidir dans leurs préjugés. Ou alors, les gens ne veulent pas savoir la vérité qui ne les intéressent pas, et animés d’une tendance qui est plus du ressort de la psychiatrie que d’autre chose, systématiquement, chaque fois que l’occasion se présentera, en profiteront pour cracher leur haine contre cette religion. Donc, là aussi, les condamner ne sert à rien sinon à alimenter encore plus leur haine.

Il n’est pas possible, dans le cadre d’un commentaire d’expliquer tous les détails, mais au moins citons-en quelques uns très parlants

Tout d’abord, et j’ai déjà eu l’occasion de le dire, il faut éviter de sortir un verset coranique hors de son contexte textuel et de même, il importe de bien comprendre et connaître le contexte socio historique de la Révélation coranique.

Prenons le cas de la femme. On dit que le Coran autorise la polygamie. C’est exact, il est effectivement dit qu’un homme peut avoir jusqu’à quatre épouses. Mais tout d’abord, il importe de se rappeler qu’à l’époque, les hommes aisés n’avaient pas quatre épouses, mais des dizaines et elles n’avaient aucun droits. Le Coran ne pouvait pas, sans être rejeté, s’opposer radicalement à la polygamie, mais il a mis de telles restrictions que dans les faits il est impossible d’être vraiment polygame. En effet, il est dit qu’un homme peut avoir jusqu’à quatre épouses, mais à la condition d’être parfaitement équitable avec chacune d’entre elles. Mais le Coran dit que cela ne sera pas possible et que de ce fait, il vaut mieux s’en abstenir. Toutefois, il n’a pas fermé radicalement la porte, car il peut y avoir des cas où l’homme peut prendre une deuxième épouse si la première, suite à un accident, se trouve très fortement handicapée, peut-être dans le coma ou paralysée à vie et dans ce cas, il vaut mieux qu’il prenne une deuxième épouse au lieu de prendre une maitresse en cachette. Ainsi, si des enfants naissent avec cette deuxième femme, ils seront reconnus officiellement. Malgré tout, les juristes musulmans ont prévu la situation et envisagé les excès possibles. En ce sens, ils ont introduit le contrat de mariage qui fait qu’une femme peut exiger de son mari qu’il ne prenne pas d’autre épouse en plus d’elle sans son accord express, ou pas d’autre épouse purement et simplement, sans aucune condition. Le problème aujourd’hui est que bien des femmes musulmanes ne sont pas informées de ce fait. Mais ce n’est pas l’Islam qui est en cause, mais plutôt les sociétés humaines. C’est un problème sociologique et non religieux.

L’homme « supérieur à la femme » ? Erreur de traduction. Le verset 34 de la sourate 4, (et non 38), en son début dit ceci en arabe : « Er-rijâlu qawâmuna alâ en-nissa... » Ce qui peut se traduire par : « les hommes ont un avantage sur les femmes ». Ce n’est pas une supériorité qualitative, qui serait absurde, mais une force physique qui en général, chez les hommes est supérieure à celle de la femme. En arabe, le terme « qawâmuna » a plusieurs sens. Il signifie :"Dresser, se tenir debout, redresser, rectifier, résistants, plus endurants". Rien à voir avec une quelconque « supériorité » de l’homme sur la femme. Du reste le Coran spécifie implicitement, que les hommes doivent, du fait de cet avantage, pourvoir aux besoins des femmes. Ce qui était le cas dans le sociétés tribales arabes ; En général les hommes assuraient les besoins matériels du foyer. Bien sur, aujourd’hui ce verset est à relativiser, mais le Coran, comme tout livre Révélé à sept niveaux de compréhension, de sorte qu’un verset obsolète du fait de l’évolution du temps et des sociétés au sens littéral, est toujours valable quant à ses sens supérieurs qui sont d’ordre spirituel. Soit dit en passant, ne vous fiez pas aux traductions qui sont souvent assez mauvaises et reflètent les préjugés des traducteurs.

Enfin un dernier point, l’héritage. Certes, le Coran dit qu’une femme n’hérite que de la moitié de la part dévolue à un homme. Seulement, là aussi, il faut se replacer à l’époque de la Révélation. Les femmes n’avaient AUCUN droits. Quand, dans une famille un premier né était une fille, le père avait tellement honte qu’il l’enterrait vivante ! (Le Coran y fait allusion dans un verset pour condamner cette attitude). Alors accorder le droit à l’héritage pour les femmes, même si ce n’est que la moitié de la part d’un homme était une révolution considérable à l’époque. De plus, la loi musulmane établissait l’ordre aux hommes de pourvoir aux besoins de la femme. Si elle était célibataire, cette charge revenait à son père ou ses oncles, si le père était décédé, ou le mari si elle était mariée. Alors que l’homme devait se débrouiller tout seul.

Par contre, il y a un point sur lequel il faut insister. La loi musulmane est tirée du Coran et de la sunna, (tradition du Prophète, ce qu’il a dit et fait de son vivant qui a valeur juridique et sociale). Mais cette loi n’est pas coercitive dans son principe, elle vise surtout à éduquer l’humain dans l’être humain. A le faire évoluer vers plus d’humanité. En ce sens, ces règles concernant les femmes, comme l’héritage sont un minimum en dessous duquel il est interdit de descendre, mais, dans le cas de l’héritage, rien n’empêche, par testament, de faire plus, au contraire.

Voilà trois points expliqués de façon à mieux comprendre ce qu’il en est de ces histoires. Certes, là aussi on peut faire le reproche que les sociétés musulmanes sont loin d’appliquer ces principes. Encore une fois, c’est un problème sociologique et découle plus d’un refus avéré de ne pas mettre en pratique, voire de déformer les préceptes de la religion. Ce n’est pas la religion qui est en cause, mais son vécu, ce qui est très différent.


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