Excusez-moi mais on dirait que vous me connaissez ? C’est assez drôle je trouve la façon dont vos préjugés guident vos remarques, lesquelles me laissent penser que vous n’êtes pas ici pour discuter. Réduire les banlieues à des lieux régis par la violence est tout à fait injuste. La culture populaire est extrêmement riche et dense. J’ai grandi avec des orphelins délinquants, et je coutoie tous les jours la misère de la France et de ces classes populaires, la réalité sociale de celles-ci messieurs, je la connais depuis mon plus jeune âge et c’est précisément ce qui m’a donné l’envie d’étudier la sociologie. Je pense que vous ne savez pas lire sans mettre de côté vos prénotions. Vous devez faire davantage attention aux termes que j’emploie et comprendre que ce que je dénonce c’est simplement le fait que la logique marchande d’accumulation n’est pas propice au bonheur de toutes les classes.
Pour ce qui est de l’insécurité je pense qu’il faut non pas la condamner mais en comprendre les causes. Il n’y a pas de violence, ni de délinquance sans qu’il n’y ait de souffrance sociale. Et je pense qu’une part de cette souffrance sociale se trouve dans la dévalorisation des statuts sociaux dont on parle ici. Mais cela est un autre sujet que celui autour duquel j’ai écrit, je vous rappelle que l’article est dans la rubrique « médias » et qu’il s’intéresse avant tout à l’influence des médias dans al consommation, et en quoi sont-ils les vecteurs de l’idéologie capitaliste. Mon choix de m’intéresser précisément aux classes les moins aisées s’explique par le fait que ce sont elles les plus touchées par cette incompatibilité entre ce qu’exige la société matérialiste et leur réalité sociale, et pour finir en quoi cette idéologie ne fait qu’aggraver la situation. Je crois qu’à aucun moment j’ai été contre votre point de vue, je pense même qu’il rejoint le mien sur certains points. Ne me contredisez pas sur quelque chose dont je n’ai parlé.. ? Car la contradiction ne peut pas être si elle n’est pas fondée ? Je sais pas, je ne comprends pas : où ai-je dit que notre pays était un pays de solide cohésion sociale ?
Et pour répondre à votre dernière critique : la sociologie est une science de terrain. Nous ne sommes pas cloisonnés dans un isolat qu’entre sociologues lettrés et gosses de riches, bien au contraire messieurs, vous semblez ignorer sérieusement de quoi vous parlez. Je n’ai pas répondu tout à l’heure à Eric au sujet de ces accusations car je me suis dit que ce n’était ni le lieu, ni le moment pour parler de moi, tout simplement parce qu’on s’en fout royalement. Mais on dirait bien que quelque chose en vous, ou alors dans mon article vous fasse croire que je suis une gosse de riche cloisonnée dans ma jolie demeure bourgeoise cependant mes parents sont issus tous deux de la classe ouvrière, tous deux ont dû faire des choix de consommation et vouent leur vie à l’aide sociale dans différentes associations comme les Orphelins d’Apprentis d’Auteuil, ou encore les petits frères des pauvres.
Si vous le souhaitez, mon prochain article sera voué à cette question que vous soulevez, mais vous ne m’entendrez jamais dire que les banlieues sont des lieux d’échec intellectuel, de vide culturel ou encore de royaume du banditisme. Je pense que nous avons assez d’exemples hebdomadaires de banditisme bien plus important et grave au sein de notre classe supérieure.