Ce qu’il y a de grave avec les fanas qui pédalent dans la
choucroute fétide du nucléaire, c’est qu’ils sont tellement le nez dans leur
guidon qu’ils ne voient pas le paysage. Ils vous font des comparaisons
lénifiantes avec les dangers de l’industrie minière, de l’industrie chimique,
etc. Mais ce n’est pas du même ordre ni de la même échelle ! Un accident
type Marcinelle fera plusieurs centaines de morts. Mais n’affectera pas l’existence
même du pays. De même Seveso et, pire, Bhopal tuent et pourrissent leur
territoire, mais sur une superficie et un temps limités. Ce qui n’est pas le
cas d’un accident nucléaire qui est TOUJOURS une CATASTROPHE qui tue pendant des
générations et empêche toute existence humaine pendant des MILLIERS D’ANNÉES.
Et ça, les technocrates au front de bœufs, tous issus de Polytechnique ou du
corps des Mines, constitués en lobby mafieux, ne le comprennent pas, de
veulent pas l’entendre.
Il y a quelques années j’ai participé à un
« exercice d’alerte nucléaire » dans la vallée du Rhône. Il
s’agissait de coordonner tous les intervenants en cas de problème nucléaire. Le
scénario décrivait un incident somme toute restreint : une fuite
d’hexafluorure d’uranium, à 10 heures du matin, dans une usine du site du
Tricastin, Comhurex. Donc un nuage toxique qui s’élève et se met en mouvement
vers le sud, poussé par un léger mistral qui se lève. Ben mes aïeux !
Fallait-il évacuer les populations des villes du sud du site ? Que faire
des enfants des écoles ? Pompiers, maires, préfecture, secouriste,
population… Fallait voir le bordel !
Bref, pour dire que s’il y avait vraiment un problème
grave, rien n’est prêt. Aucun plan d’évacuation. Oui mais ce n’est pas la
peine PUISQUE nos centrales sont les plus sûres du monde ! Puisque rien ne
peut nous arriver ! Mouais…
En 2008, à Tricastin, un simple robinet qui fuyait et c’est
75 kilos d’uranium ( !!!!) qui ont, au fil des mois, foutu le camp dans
une ruisseau du coin, la Gaffière, puis de là au Rhône… Pas grave, nos centrale
sont tellement sûres !
La même année, toujours au Tricastin, au cours d’une
opération de renouvellement du combustible, lorsque le couvercle de la cuve du
réacteur n°2 a été soulevé, deux assemblages de combustible sont restés
accrochés aux structures internes supérieures, et sont restés suspendus au
dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur !
Sans refroidissement bien sûr, la fusion guettait, puis la détérioration de
tout le cœur… Avec en perspective Fukushima-sur-Rhône !
En 2010, à Cruas, un peu plus haut dans la vallée du Rhône,
un employé ferme par erreur une vanne du circuit de refroidissement de la
piscine où sont abrités les combustibles usagers ou à mettre en place. Risque
de surchauffe, et tout le tintouin… Avec en perspective Fukushima-sur-Rhône !
Et c’est partout pareil sur les 58 centrales françaises. Des
incidents mineurs, imputables aux éléments ou aux humains, peuvent dégénérer
rapidement et déboucher sur des situations hors de tout contrôle.
Tiens, on va faire un peu de fiction. Un des réacteurs de
l’usine du Tricastin vient d’exploser. Un énorme nuage radioactif s’élève
au-dessus du site. Un mistral en cours de formation va pousser les nuées
mortelles vers les villes du sud : Orange, Avignon, Salon, Aix, Arles et
surtout Marseille ! Le nuage est trop bas pour atteindre la Méditerranée.
Il va forcément s’abattre sur l’énorme agglomération marseillaise. Plus d’un
million d’habitants. Impossible d’organiser l’évacuation. Trop tard. Que
faire ? Pour sauver Marseille, les autorités décident… de brûler Avignon !
Il y a au Pontet, banlieue Est de la cité des papes, un énorme complexe de
stockage et de répartition régionale de pétrole. On y met le feu. Incendie qui
se propage rapidement à la grande zone commerciale qui jouxte le site. Des milliers
de clients pris au piège. La chaleur du brasier crée une énorme colonne
montante d’air chaud qui propulse le nuage toxique à des altitudes telles que
le mistral l’amènera sur la mer… Marseille est sauvé. Avignon rayée de la
carte. Allez, amusez-vous. Un peu d’imagination que diable !
Pour dire qu’IL FAUT SORTIR DU NUCLEAIRE, prendre la
décision maintenant et étaler la sortie du une génération.
Voilà une exigence impérative à imposer à ,tous ceux qui prétendent nous gouverner.
INACTIFS AUJOURD’HUI
RADIOACTIFS DEMAIN