@elpepe,
En réalité le réflexe nationaliste et le patriotisme sont bien là dans les
couches populaires, mais pas dans les rangs des membres du régime Kabila qui ont
vendu leur âme et travaillent avec les ennemis des populations congolaises pour
mener le Congo à sa dislocation. Les efforts de la population se heurtent donc
au mal que représentent ces « autorités » qui travaillent à la ruine du
pays. Mais derrière ces autorités opère un système plus terrifiant qui explique le bilan ahurissant de 6 millions de morts.
QUE SIGNIFIE « 6 MILLIONS DE MORTS »
Sans langue de bois, ce qui se passe au Congo doit être considéré comme un génocide, tout au moins l’anéantissement en toute
conscience d’un peuple par la mort et l’impunité des crimes contre l’humanité. En effet,
– « 6 millions de morts » signifie
que des populations sont massacrées au quotidien, violées et chassées de leurs terres en
toute impunité depuis 1996.
– « 6 millions de morts » signifie
que les rescapés des massacres et des viols, jetés dans la nature, vont se
confiner dans des camps de déplacés qui deviennent de sordides mouroirs, ou
dans des villes insalubres où les malheureux meurent de faim ou survivent comme
des déracinés, après avoir perdu leurs terres et leurs espaces culturels.
– « 6 millions de morts » signifie
que pendant ce temps, les terres abandonnées par les populations congolaises,
des terres généralement riches en ressources minières et fertiles pour
l’agriculture et l’élevage sont réoccupées par des populations en provenance du
Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi ; des populations que les Américains et les
Britanniques arment parce qu’ils les considèrent comme plus dociles et plus aptes à s’accommoder du
système néolibéral, système basé sur le pillage des ressources des nations et
l’anéantissement des peuples du Sud.
– « 6 millions de morts » signifie
que cette campagne d’extermination des populations congolaises doit se
poursuivre pour que leur sentiment national soit continuellement brisé afin
qu’il ne puisse jamais y avoir de sursaut patriotique, sursaut qui mettrait « en
péril » les profits faramineux que les multinationales anglo-américaines
engrangent en entretenant le chaos et les massacres derrière les présidents
Kagame du Rwanda, Kabila de la RDC et Museveni de l’Ouganda, les trois piliers
de la stratégie américaine dans la région des Grands Lacs, depuis le départ des
Français.
– « 6 millions de morts » signifie
qu’il ne doit surtout pas y avoir de justice pour les victimes. Toutes les
tentatives visant à créer un tribunal pénal international pour le Congo ont été
sabotées. Le cas Hariri donne une idée de l’absurdité de la situation. En mai
2007, le Conseil de sécurité de l’ONU a créé un tribunal spécial chargé de
juger les responsables de la mort de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre
libanais tué dans un attentat. Donc un tribunal spécial pour juger les responsables de la mort d’un
seul homme. Mais rien n’est fait pour juger les responsables de la mort de 6
millions de Congolais. Et cela se passe au XXIe siècle.
– « 6 millions de morts » signifie
qu’il s’agit de la mort des êtres humains. Des pères de famille, des mères de
famille, des enfants qui allaient à l’école, des prêtres qui célébraient les
messes, des chefs coutumiers qui transmettaient des traditions ancestrales, des
intellectuels qui transmettaient le savoir aux jeunes générations, des hommes d’affaires
qui créaient les richesses et apportaient la modernité dans les villes et
villages, des avocats et des militants des droits de l’homme qui plaidaient la
cause des victimes, des hommes politiques, des militants associatifs, des leaders
communautaires,… bref des gens comme vous pouvez l’imaginer qui donnaient de la
vitalité à la société. Les Congolais qu’on tue, qu’on viole, qu’on jette dans
la nature et qu’on humilie jusqu’à la mort ne sont pas des meubles, ce sont des
êtres humains.
– Enfin, « 6 millions de morts »
au Congo signifie que ce n’est ni Hitler, ni le nazisme, ni le fascisme, ni le
stalinisme, ni l’islamisme qui sont derrière le crime. Le crime est commis par trois
grandes démocraties (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada) au profit de leurs
multinationales, des démocraties qui opèrent, depuis le début, derrière les
trois présidents tutsi/hima de la région des Grands Lacs (Kagame, Museveni, Kabila). Donc un génocide commis par les
démocraties libérales.