La cinquième république est la transposition dans l’art de gouverner du principe monarchique : on se paie pour une période
déterminée ( heureusement ! ) des monarques plus ou moins doués et, en
l’occurrence, l’évolution de la société fait qu’ils sont de moins en moins
doués, élus qu’ils sont soit comme Sarkozy
sur une ambiguïté soit comme Hollande sur une mystification.
Le premier chassait sur les terres du Front
National et il s’est d’ailleurs remis récemment à l’ouvrage en assortissant ses
interventions grandiloquentes de petites piques antimusulmanes censées lui
gagner la considération de la beaufitude, l’autre s’est fait élire sur un
programme en toute connaissance de son impuissance à le mettre en œuvre si tant est qu’il en eût jamais eu le
désir.
On ne gouverne pas durablement sur
l’équivoque et la cinquième est minée de l’intérieur : conçue pour un géant,
elle dépérit au contact des médiocres et l’extravagance de sa pérennisation se
mesure à l’aune de la désaffection d’une grande partie des Français pour la participation au processus de désignation de ses dirigeants.
Ce qui est un devoir moral est devenu une insupportable corvée ou libère une propension nihiliste avec le vote pour le
FN.
Tout cela conduit à l’implosion du régime et ouvre la porte à une 6e république, seul horizon encore susceptible de faire renaître un nouvel élan républicain.