Gérard Filoche est bien sympathique mais il
radote : il ne voit pas ou ne veut pas voir que le parti a déjà changé et que le processus a été
entamé des 1983 quand Mauroy - sous la pression des marchés tout puissants - a
pris le tournant de la rigueur.
Dèja à l’époque le PS s’abritant derrière le principe des réalités, celles que
l’on ne veut surtout pas changer, a choisi d’entamer sa lente reconversion.
Lente parce qu’on y a mis des manières : on
agitait les drapeaux rouges devant les estrades, on s’époumonait à chanter
l’Internationale mais ce que les militants ne savaient pas encore, c’est que, derrière
les mâles paroles de l’hymne aux peuple ouvrier, déjà se profilait le double
discours qui prêtait allégeance à l’Internationale de la finance.
La suite n’a été pour les principes
fondateurs qu’une lente descente aux
enfers, condition nécessaire mais pas suffisante pour une ascension
accélérée des « réformateurs »
vers la respectabilité, ce don suprême octroyé par les marchés.
Ajoutons-y la porte grande ouverte aux
carriéristes dont le cœur balançait entre deux formations jumelles, l’UMP sous
ses différents avatars et le PS sans que leur choix de carrière impliquât le
moins du monde l’adhésion à autre chose que la doxa libérale dont ils s’étaient nourris.
Le brave Filoche et ceux qui pensent comme
lui et s’imaginent encore pouvoir peser sur les choix de la direction ne sont que
des pitécanthropes attardés dans un milieu qui les rejette tout en s’en servant de caution pour les ahuris qui croiraient encore que le Socialisme se
décline encore dans le parti qui s’en revendique.
Le meilleur service que le PS pourrait donner à
la population, c’est de faire preuve d’honnêté intellectuelle et d’abandonner
un sigle qui lui va si mal.
Ei la chose la plus conséquente que pourraient faire ceux qui y militent et ont mal à leurs
idéaux socialistes , ce serait d’abandonner un navire dont le cap est mis aux
antipodes de ce qu’ils revendiquent.