Un point à ajouter aux quinze autres :
- Une grosse faribole qui ne passe pas : le conte de la « réduction du paquet d’onde ».
Voici en gros l’idée : une onde de vague-connaissance-statistique
quitte l’émetteur en se propageant dans toutes les directions
simultanément, puis par miracle se rassemble à vitesse supraluminique
voire infinie sur sa destination. Avec en prime la confusion entre une
réaction d’absorption et l’intervention d’un animal macroscopique
appelé « observateur », qui fait une « mesure ». En prime supplémentaire le délire personnel d’Eugen Wigner selon qui c’est le psychisme de son observateur qui, etc.
Agacé, Erwin Schrödinger avait poussé le bouchon plus loin avec son
apologue narquois du chat ni mort ni vivant tant que l’auguste
physicien de l’auguste secte Göttingen-København-Wigner n’a pas encore
penché son auguste sapience et son auguste psychisme sur la boîte où se
déroulait la macabre expérience. Mais octante ans après, la secte
hégémonique n’a toujours perçu à quel point Schrödinger se foutait
respectueusement de leurs augustes gueules, ni pourquoi.
Une entrée de bibliographie à ajouter après Georg Joos :
C.H. Townes, A.L. Schawlow. Microwave Spectroscopy. McGraw hill 1955, Dover 1975.
Une discussion à ajouter :
Autre problème sous-évalué par nos grands chefs et leurs grands ancêtres
: la continuité du domaine électromagnétique. A quel moment passe-t-on
du domaine des champs à celui des corpuscules ?
Pour qui a fait de la radioélectricité, même au niveau de l’amateur éclairé, pas de lézard : c’est bien une affaire de champs.
Dans toute l’électrotechnique aussi, à deux exceptions périphériques près :
Les
matériaux ferromagnétiques et ferrimagnétiques sont tous ressortissants
de coopérations de spins atomiques dans le cristal, et d’ondes de
spins. Lesquels sont tous soumis à la limite atomique : chaque spin
bascule par quantum de Planck entier.
Les tubes à gaz, qui avaient
fugitivement tenu la place actuelle de l’électronique de puissance en
silicium, notamment des diacs et triacs, sont naturellement soumis à la
quantification des niveaux atomiques dans les gaz (monoatomiques). Leurs
variantes d’éclairage servent toujours.
Sauf des pionniers en
1933 (Cleeton et Williams), pour l’essentiel il a fallu attendre la fin
de la 2e guerre mondiale pour avoir des moyens expérimentaux pratiques
pour faire de la spectroscopie dans le domaine micro-ondes. Il est bien
établi à présent que des molécules diatomiques et polyatomiques ont des
modes d’absorption, voire d’émission bien quantifiés par leur moment
angulaire en rotation, et que ces modes sont d’autant plus activés
spontanément que la température du gaz est élevée. De ces degrés de
liberté découlent tous les exposants en et qui rendent les calculs d’aérodynamique supersonique si joyeux et jouissifs.
Doit-on
en déduire que dans le domaine micro-ondes, c’est en fini du caractère
ondulatoire, et que ça y est, on a des corpuscules de lumière ? Voire !
Car les émetteurs utilisés, tubes à vide, répondent toujours à
l’électromagnétisme selon James Clerk Maxwell. Encore une fois, ce qui
est quantifié, ce sont les absorbeurs, qui sont aussi émetteurs si leur
énergie est suffisante (température ou effet maser).
Si l’on veut
avoir une physique unique d’un bout à l’autre du spectre
électromagnétique, le tout-corpuscule défaille quand la longueur d’onde
augmente. Tandis que le tout-ondulatoire tient la route jusqu’au bout du
spectre gamma ; il suffit de ne plus bannir les absorbeurs du champ de
vision du théoricien.
Mes excuses pour cette présentation progressive. Tout se passe comme si j’avais le cerveau lent...