@ la dame du lac @Fifi Brind_acier - Les écossais, les bretons, les basques et quantité d’autres n’ont pas d’Etat pour leur nation. C’est vrai que cela peut porter tort aux minoritaires quand on a un état plus centraliste que démocratique, d’ailleurs le centralisme démocratique a toujours été une vaste blague. Mais il faut relativiser...
L’état-nation est une forme politique ultra-dominante, mais c’est insuffisant pour tenir cet état-nation pour la forme politique achevée, définitive et absolue. D’abord, l’État-nation n’a pas forcément le même contenu partout, tout le temps, et surtout il ne capte jamais la totalité du collectif.
L’individuation est le moteur anthropologique de l’Occident depuis 5 siècles, la capitalisme a capté et sans doute détourné cette tendance pour se développer. Il reste aujourd’hui peu de marges entre le privé et le public, mais il en reste tout de même un peu et il faut re-développer ces marges pour améliorer notre sort. Le privé, c’est l’appropriation qui prive les autres d’un bien ; le public, c’est l’institution qui prive les individus de l’appropriation collective. Cette tendance se poursuit sous nos yeux, même l’espace collectif familial se réduit.
Un point aveugle important de la pensée contemporaine, c’est que nos dirigeants publics sont des gestionnaires de l’institution. Tout le monde voit bien que les élus politiques ne s’occupent guère de l’intérêt public, mais on voit moins que les conséquences d’un État centré sur son rôle d’agent économique, préoccupé de dépenses publiques et de recettes fiscales, inquiet de l’évasion fiscale, du travail au noir, du commerce électronique qui échappe aux taxes... et qui profite d’une ressource à chaque fois qu’une entre-aide collective est remplacée par un commerce. Qu’il s’agisse des enfants, des vieillards, de l’autoproduction ou de l’autoconsommation.
Les états ne sont pas les fers de lance du capitalisme, mais ils en sont parties prenantes. L’opposition public privé peut exister, mais leur association aussi ! Et le seul fait que l’État soit un gros agent économique influe beaucoup, de manière induite, sur les responsables politiques réfugiés dans la fonction de gestionnaire.
Reprenons le cas du pétrole des écossais, oui c’est le pétrole des écossais temps qu’on n’en fait pas un marchandise coté sur un marché mondial dont la quasi-totalité des peuples du monde sont en dépendance. Le jour où le pétrole est sur le marché, c’est une ressource pour quelques compagnies pétrolières mondiales et pour l’institution publique qui en retire une fiscalité, ce n’est plus vraiment le bien commun des écossais.