@ JC_Lavau,
J’ignorais que les tenants de l’école de Milan avaient fait amende honorable de la technique du contre-paradoxe.
En même temps, lorsque l’on se rend compte de l’exacerbation des conflits que cela génère, il n’est pas étonnant que l’utilisation d’une telle technique sur des anorexiques ou des psychotiques ait produit des résultats catastrophiques.
J’en fait personnellement un tout autre usage.
Le contre-paradoxe me sert à cela, car ce n’est que dans le conflit et en observant le système de défense mis en place par notre contradicteur que l’on peut savoir s’il souffre ou non d’un trouble de la personnalité. Ainsi, suite à un conflit, si l’on constate que le conflit est externalisé et expulsé, qu’il devient conflit entre personne ou entre institution et qu’il est déstructurant pour les autres, alors il y a tout lieu de soupçonner une perversion.
A l’inverse, si le conflit est internalisé au lieu d’être projeté, il possède la propriété d’être maturatif et structurant et il il peut alors donner naissance à de nouvelles prises de conscience.
C’est à cela que me servent les contre-paradoxes.
Par ailleurs, ce serait une erreur de considérer le paradoxe comme uniquement négatif. Pour moi, ce sont des indicateurs fiables pour approfondir un sujet. Là où le paradoxe émerge, c’est que le point en question doit être éclairci. Encore faut-il être capable de se remettre en question pour accepter de revoir ses positions sur le détail qui a fait naître le paradoxe.
Quoiqu’il en soit, vous avez cependant bien raison de souligner que la technique du contre-paradoxe est très risquée. Je l’ai moi-même expérimenté maintes fois. Et si je l’utilise, je ne l’a conseille à personne (et surtout pas à quelqu’un qui doit affronter un pervers, car cette technique a le don d’exacerber sa perversion et c’est dans ces conditions qu’il peut en venir au passage à l’acte.)