On ne peut créditer Alexis Tsipras ni du fait d’avoir avec l’aide de Goldman Sachs trafiqué les comptes de la Grèce pour la faire intégrer la zone €uro, ni de la myopie ou de la crédulité des experts €uropéens trop heureux de pouvoir l’avaliser.
On ne peut pas plus le créditer d’avoir souscrit au règlement d’une dette considérée dès le départ par les experts du FMI comme insoutenable, encore moins d’avoir transféré le risque de défaut de cette dette souscrite par des banquiers trop avides au contribuable €uropéen, ou encore d’avoir maintenu ces cinq dernières années les privilèges des armateurs et autres réseaux préservés de l’impôt.
La soumission des précédents gouvernements grecs aux exigences de la Troïka a fait bondir la charge de cette dette de 120 à 170% du PIB grec en cinq ans, la rendant encore plus insoutenable.
Faut-il créditer Alexis Tsipras de l’« autisme » des responsables €uropéens à simplement consulter les conclusions du FMI et persister à vainement prétendre « faire saigner un caillou » afin d’éviter l’effet de contagion qu’entraînerait à travers toute l’€urope, à commencer par l’Espagne, la remise en question d’un dogme austéritaire ruineux ?
1/4 de la population grecque sous le seuil de pauvreté, 20% des Espagnols au chômage, la perspective pour toutes les classes populaires €uropéennes d’une condition toujours plus précaire, une démocratie rangée au rang d’accessoire - ou de mascarade - puisque strictement soumise aux diktats de critères de convergence décidés par des technocrates sans âme et qui n’ont aucun compte à rendre à l’électeur pour tout ce qui concerme les politiques économiques et budgétaires, ...
J’en jette encore ?
La misère et le désespoir (rien qu’en Grèce, 10000 suicides en cinq ans, des permanences médicales assurées dans la rue par « Médecin du monde », ...) dans lesquels nous plonge cette €urope sont loin de n’affecter que les Grecs. Et la propagande incessante de médias pour cette €urope qui pour de plus en plus de gens ne représente désormais qu’exclusion, oppression et « tiers-mondisation » ne suffira plus longtemps à pallier leur colère croissante.
Et le « TINA » et l’intransigeance germanique reviennent finalement à tirer une balle dans le pied et précipiter l’éclatement de cette zone €uro qui sert prioritairement leur propre intérêt, faut-il en accuser le très démocratique refus du peuple grec de plus longtemps se résigner ?
Si j’ai moi aussi rêvé d’une Europe, OXI, ce n’était certainement pas de celle-là ! 