Analyse intéressante de la part de Stathis Kouvelakis (membre de la gauche de Syriza) :
« Stathis Kouvelakis
Il
y a une asymétrie évidente dans les prises de position publiques sur la
Grèce dans le débat français. Les porte-parole du camp capitaliste et
bruxellois, les Quatremer, Leparmentier, Colombani, BHL et tutti quanti
sont offensifs, violents, ultra-agressifs, ils mordent, attaquent tous
azimuts, ils foncent car ils comprennent vraiment l’enjeu et ils veulent
l’emporter et écraser l’adversaire.
De l’autre côté, l’écrasante
majorité des défenseurs du camp grec et de Syriza redoublent de
gentillesse, cherchent à tout prix à montrer combien ils sont sympa,
combien ils aiment l’ « Europe » (qui nous met à genoux et est en train de
nous étrangler). Ils multiplient les gages d’« antinationalisme », de
fidélité aux « valeurs européennes », les voeux pieux lamentables sur l’
« autre Europe ». Les questions véritablement politiques, à savoir l’euro,
la façon de répondre ici et maintenant à l’odieux chantage et au
rouleau compresseur de Merkel-Hollande et consorts, sont soigneusement
évitées ou diluées sous divers prétextes.
La rhétorique
essentiellement morale, souvent boursouflée, de ce camp cache mal son
impuissance, sa subalternité idéologique, sa mollesse, son absolue
innocuité, sa volonté inavouée d’esquiver la bataille. Sartre appelait
ça « la gauche respectueuse ». On en toujours pas est pas sorti.
PS.
Pour mieux situer ce qui se précède, la situation n’est guère différente
du côté des « intellectuels pro-Syriza » en Grèce, malgré quelques voix
dissonantes ... »