@Rmanal
La théorie marxiste, tout comme les autres théories (anarchistes etc.) intéresse tous ceux qui veulent se libérer de l’exploitation capitaliste... Pour les autres évidemment ça n’a aucun intérêt...
En ce qui concerne le communisme dans sa phase inférieure (le socialisme) il se caractérise certes par la propriété collective des moyens de production mais par une rétribution des travailleurs « obligatoirement » encore inégalitaire...
Voici ce qu’écrivait Marx sur la
question de l’inégalité économique qui perdure « inévitablement » sous
le socialisme. Dans le « Capital » un passage a disparu (sûrement pas
par hasard) de certaines traductions, mais est rétabli en annexe de
l’Édition de Maximilien Rubel (Économie, tome1, page 1650, Bibliothèque
de la Pleïade -1965 et 1968).
On peut y lire :
« Le travail qui est
considéré comme travail supérieur et complexe par rapport au travail
social moyen est l’expression d’une force de travail dont le coût de
formation est plus élevé, dont la production coûte plus de temps de
travail et qui a, par conséquent, une valeur supérieure à celle du
travail simple ».
Citant les critiques de Marx à l’encontre de Lassale Lénine écrira :
« Marx
montre le cours du développement de la société communiste obligée de
commencer par détruire uniquement cette injustice qu’est l’appropriation
des moyens de production par des individus, mais incapable de détruire
d’emblée l’autre injustice : la répartition des objets de consommation
« selon le travail » (et non selon les besoins)... Marx tient
rigoureusement compte non seulement de l’inévitable inégalité des hommes
entre eux, mais aussi du fait que la transformation des moyens de
production en propriété commune de la société entière (le « socialisme »
au sens habituel du mot) ne supprime pas à elle seule les défauts de la
répartition et l’inégalité du « droit bourgeois », qui continue de régner,
puisque les produits sont répartis « selon le travail » ».
On le
voit, le socialisme scientifique se résume à cela ! Cela revient à
instaurer un nouveau régime de classes où les prolétaires seront exploités par ceux qui se prétendaient leurs amis les
plus fidèles...
En effet, « sous n’importe quel régime de
classes, la production a pour but la consommation des classes
dominantes » comme le disait Makhaiski dans son ouvrage Le marxisme en
Russie et ce dès 1900.
Ainsi les ouvriers et les masses exploitées
sont condamnés par les théoriciens du « socialisme scientifique » à ne
pouvoir se libérer du joug de l’inégalité sociale après le renversement
des capitalistes, ceci au nom de « lois économiques incontestables »
fondées sur la nécessité de la rémunération différente du « travail
simple » et du « travail complexe », ce dernier accompli par ceux qui
encadrent déjà, dominent et profitent sous le capitalisme et qui
possèderont, sous le socialisme, un pouvoir accru.
L’égalité ne
pourrait être atteinte que lorsque les
contradictions entre travail manuel et travail intellectuel auront vécu !
C’est-à-dire lorsque les ouvriers auront rejoint les brillantes
capacités intellectuelle de l’élite « révolutionnaire » au pouvoir,
malgré leurs salaires de dominés et leurs conditions de travail bien
plus pénibles que celles des dirigeants. De qui se moque t-on ?
C’est
ce type de régime qui fut instauré en Russie et en Chine où l’on sait
aujourd’hui que la propriété « collective » des moyens de production est
une fiction abandonnée. Les descendants de l’élite révolutionnaire sont
revenus au capitalisme privé classique et ils n’ont pas oublié, au
passage, de se servir et de devenir en titre les propriétaires de toutes
les richesses.
Une révolution ne peut, lors du
renversement du capitalisme, qu’ instaurer dans le même temps l’égalité sociale
entre tous, faute de quoi, tôt ou tard, reviendra le temps honni du
capitalisme privé porté par la nouvelle classe des nomenklaturistes privilégiés......