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Le forum des Nations unies
Par souci d’efficacité et sans préjuger de la bonne ou de la mauvaise
foi occidentale, les chefs d’État de l’OTSC ont prévu d’intervenir
devant l’Assemblée générale de l’Onu (à partir du 28 septembre) pour
appeler la communauté internationale à unir ses efforts contre le
terrorisme.
En outre, la Russie présidant le Conseil de sécurité pour le mois de
septembre, Vladimir Poutine —qui n’est pas venu à l’Onu depuis une
décennie— présidera la séance du 30 septembre consacrée à la lutte
contre le terrorisme en Irak et en Syrie.
Dans le cas où la Coalition et l’OTSC trouveraient un accord, elles
pourraient mener des actions communes ou se répartir le travail (l’Irak
pour la Coalition et la Syrie pour l’OTSC). Dans le cas contraire, les
deux organisations conduiraient des campagnes distinctes en essayant de
ne pas se gêner mutuellement.
Du point de vue atlantiste, la campagne de l’OTSC profitera à la
République arabe syrienne et garantira la poursuite du mandat du
président élu Bachar el-Assad que l’Otan souhaitait renverser.
Cependant, il est faux de prétendre que cette intervention a été conçue
pour sauver la Syrie de l’Occident. En effet, lors de la préparation de
la Conférence de Genève, en juin 2012, le président Poutine avait
envisagé de déployer l’OTSC comme force de paix [7].
Le général Hassan Tourekmani, alors président du Conseil de sécurité
national syrien, avait entrepris diverses démarches pour l’accueillir.
Cependant, ce déploiement n’avait pas eu lieu d’une part parce que
l’Organisation n’avait pas encore signé d’accord avec l’Onu [8] et d’autre part parce que deux membres de l’OTSC ne se sentaient pas alors directement menacés par la situation en Syrie.
Du point de vue de l’OTSC, la proposition faite aux Occidentaux les
contraindra à clarifier leur politique. En effet, jusqu’à la signature
de l’accord entre Washington et Téhéran, le 14 juillet, la Coalition
anti-Daesh, loin de combattre le terrorisme, a parachuté régulièrement
et à grande échelle des armes aux jihadistes. Cependant, au cours des
dernières semaines, la Coalition a effectivement combattu Daesh. Ainsi,
a-t-elle lancé, fin juillet, un bombardement massif en coordination avec
l’Armée arabe syrienne et ses milices (le YPG kurde et le Conseil
militaire syriaque) pour défendre Hassaké. Cette opération, que la
Coalition n’a pas publicisée, permit d’éliminer environ 3 000
jihadistes.
En outre, la Maison-Blanche a d’ores et déjà indiqué qu’elle était
ouverte « à des discussions tactiques et pratiques avec les Russes ». Le
Foreign Office a déclaré ne plus s’opposer à ce que « le président
syrien reste au pouvoir pour une période de transition si cela peut
contribuer à résoudre le conflit ». Rejoignant le mouvement, le ministre
français des Affaires étrangères a laissé entendre qu’il accepterait de
laisser le président el-Assad terminer le mandat que son peuple lui a
confié en déclarant : « Doit-on dire au peuple syrien que M. Bachar
al-Assad détiendra le pouvoir exécutif au cours des quinze prochaines
années ? Si on dit cela, il n’y a pas de solution possible. Entre dire
cela et exiger le départ immédiat de M. Bachar al-Assad, il y a une
marge. Cela s’appelle la diplomatie. » [9].
Thierry Meyssan annonce l’intervention de l’OTSC à la télévision syrienne
Conséquences de l’intervention de l’OTSC
Contrairement à une idée fausse répandue dans la presse atlantiste,
la lutte contre le terrorisme en Irak et en Syrie n’est pas une affaire
de décennies, mais de quelques mois pourvu que tous les États cessent
leur soutien clandestin aux jihadistes.
Dans le cas d’un désaccord à l’Onu, la presse occidentale devrait
dénigrer l’action de l’OTSC en mettant en valeur les pertes civiles. En
effet, malgré toutes les précautions, il n’est pas possible de bombarder
les terroristes sans « dommages collatéraux ». Chaque chef islamiste
dispose de trois « épouses » et, suivant leur exemple, des jihadistes de
plus en plus nombreux ont fait des prisonnières qu’ils ont réduit en
esclavage et « épousées ».
Dans le cas contraire, on ne devrait jamais entendre parler de ces
victimes et la guerre devrait être finie en Syrie pour la Noël
orthodoxe, même s’il faudra une bonne année avant que la situation ne
soit complètement stabilisée sur tout le territoire.
À retenir :
L’OTSC
interviendra à partir d’octobre 2015, à la fois en Irak et en Syrie,
contre les individus classés comme « terroristes » par l’Onu, à savoir
al-Qaïda, Daesh et tous les groupes qui se sont alliés à eux.
L’OTSC ne cherche pas à venir en aide à Haïder al-Abadi ou à Bachar el-Assad, mais est directement menacée par les jihadistes.
Les
jihadistes ne sont pas en mesure de résister longuement à une alliance
internationale si celle-ci inclut l’Irak et la Syrie.
Les
États-Unis, qui ont déjà mené secrètement une vaste opération conjointe
avec l’Armée arabe syrienne à Hassaké, sont prêts à un accord avec
l’OTSC. Leurs alliés britanniques et français sont prêts à renoncer à
renverser la République arabe syrienne.
[1] « Charte de l’Organisation du Traité de sécurité collective », Réseau Voltaire, 7 octobre 2002.
[2]
Le Guam ou Organisation pour la démocratie et le développement est une
alliance pro-US regroupant la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la
Moldavie ; quatre États visant à terme à rejoindre l’Otan.
[3] A Mosque in Munich. Nazis, the CIA and the rise of the Muslim Brotherhood in the West, Ian Johnson, Houghton Mifflin Harcourt, 2010. Version française : Une Mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des frères musulmans en Occident, Albin Michel, 2011.
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