« Votre guerre, nos morts… ! »
19 novembre 2015
Monsieur le
mamouchi élyséen,
Je ne suis pas
américain. Je ne tire pas d’abord pour discuter après.
Je ne suis pas un
assassin aveugle qui demande une vengeance par pure cruauté.
Je ne veux pas
que l’on bombarde des camps déjà vides pour faire les gros titres en bombant le
torse comme on « bombe » la campagne syrienne vide depuis bien
longtemps.
Je ne veux pas
plus que l’on prenne le risque de tuer des familles de civils innocents parce
qu’elles ont le tort non pas d’avoir massacré nos concitoyens au Bataclan et
ailleurs dans Paris, mais comme NOS victimes, comme NOS morts d’être au mauvais
endroit au mauvais moment.
La riposte
française comme il convient de l’appeler est une insulte à nos morts. A nos 132
victimes, à nos 450 blessés.
Quels
sont nos objectifs ?
Faire la communication de gouvernements
largement coupables de la situation actuelle et « remonter » dans les
sondages ?
Maintenir notre alliance avec de grandes
démocraties wahhabites comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar ?
Continuer à financer, armer et entraîner
l’Etat islamique pour affaiblir et diviser la Syrie et le Moyen-Orient et vendre quelques
Rafale de plus ? Les Rafale nous venons plus de les prendre que de les
vendre !
Ah, non, notre objectif c’est de faire une
réforme constitutionnelle… Winnie l’ourson a peur des conséquences juridiques
de ses actes… Alors changeons la constitution. Monsieur le mamamouchi élyséen,
pour gagner une guerre, il ne faut pas dire que l’on est en guerre.
Pour gagner une guerre il faut désigner
notre ennemi (et il va falloir le nommer).
Pour gagner une guerre il faut faire des
alliances (et il va falloir tout changer à notre politique étrangère).
Pour gagner une guerre il faut désigner des
cibles, des vraies, et actuellement, la menace est plus à Molenbeeck en
Belgique qu’en Syrie…
Que nos amis belges se rassurent. Je ne veux
pas que l’on bombarde Molenbeeck, pas plus que la Syrie juste pour le plaisir
de l’action et la rédaction de communiqué de presse.
Je veux donc que l’on désigne nos ennemis et
nous les connaissons, je veux que nous désignions des cibles et j’accepte que
cela prenne du temps. Et je veux que l’on désigne nos alliés, comme par exemple
la Russie.
Il faut mener une guerre impitoyable, sur notre sol et elle
doit être celle des idées !
Je sais, cela doit être difficilement compréhensible pour ces grands malades
qui nous dirigent, mais les Américains font la guerre depuis 14 ans au
terrorisme, ils ont un état d’exception, ils ont la réduction de leur droits et
des libertés civiles, et ils sont toujours en guerre.
La guerre contre le
terrorisme est une chimère et un immense piège. Il faut gagner la guerre des
idées. Il faut gagner les cœurs, sinon nous y perdrons tout ce qui nous est
cher.
Il faut opposer à l’obscurantisme
l’intelligence de la connaissance et de la culture.
Il faut opposer à la folie la raison.
Il faut opposer à l’état d’exception l’état de droit.
Il faut opposer à la dictature fut-elle islamique, la liberté.
Il faut définir nos valeurs, les défendre,
et ne pas les abandonner sur l’autel de nos morts. Il n’y aurait pas pire
hommage.
Il faut comme le disait ce journaliste
anglais, opposer notre art de vivre qui n’est pas une perversion mais une
richesse et un don.
Mener la guerre des idées
c’est commencer par « tuer » la bien-pensance.
Cette bien-pensance culculgnangnantesque et
boboisante est la cause de nos malheurs.
Ne vous y trompez pas, ce combat sera bien
plus difficile à mener que de bombarder. Bombarder c’est facile, arrêter d’être
dans le mensonge, de fantasmer des relations, d’idéaliser des relations, de
remettre en cause nos postulats, voilà qui sera bien plus compliqué.
Pourtant, il va falloir le faire, pour que
justement la haine ne l’emporte pas.
Pourtant il faudrait tout remettre à plat pour que le fascisme ne l’emporte
pas.
Pourtant, il va falloir nommer avec des mots, tous nos maux, pour les panser et
les réparer dans l’intérêt de tous.
Dans les prisons c’est des cris de joie qui
ont accueilli l’horreur de Paris. Dans les prisons ils sont des milliers prêts
à être embrigadés par les ennemis du peuple de France. Voilà la réalité dans
toute sa cruauté.
Alors comment
fait-on pour éviter une véritable guerre civile ?
Ce que nous faisons en Syrie sera de la
gesticulation au mieux et au pire ne pourra que créer quelques vocations de
djihadistes supplémentaires.
Il fallait aider et consolider les régimes
« laïques » arabes comme c’était le cas, en Irak, en Tunisie, en
Egypte, en Libye, fussent-ils des « dictateurs ».
Nous avons semé le vent, nous récoltons la
tempête et les apprentis sorciers dont les actes ont mené à la catastrophe du
vendredi 13 continue de plus belle leurs décisions mortifères et stupides.
La « guerre » comme le dit
Hollande, elle ne se jouera pas en Syrie. Elle se jouera dans les rues des
capitales européennes.
LEUR guerre, NOS morts.
Préparez-vous, s’il n’est déjà trop
tard !
Charles SANNAT