Quand Bartolone augmente son cabinet de
240.000 euros.
Entre 2013 et 2014, le cabinet du
président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, aura
bénéficié d’une augmentation de 6% de sa rémunération. Presque
240.000 euros. Une coquette somme pour celui qui, tout juste
installé au « Perchoir », prônait "un devoir
d’exemplarité".
En promettant de quitter la présidence de l’Assemblée
nationale pour celle de la Région Ile-de-France, en cas de
victoire du Parti socialiste et de ses alliés aux élections
régionales, Claude Bartolone donnait la juste mesure de l’intérêt
du poste de patron de l’exécutif de la région capitale : des
subventions à distribuer - le gros des cinq milliards de
budget - et des boulots a filer -une trentaine de collaborateurs
au cabinet, sans compter les organismes associés. Les urnes ont
parlé, il a perdu et... il retrouvera donc l’Hôtel de
Lassay. Mais le parachute est douillet.
La vie à la résidence du président de l’Assemblée Nationale
est plutôt bonace : restaurant, huissiers et surtout 19
personnes à son cabinet. La certification des comptes de l’Assemblée
nationale par la Cour des comptes en apporte une nouvelle preuve.
L’employeur Bartolone prend soin de son cabinet et des
personnels contractuels qui lui sont attachés : presque 240.000
euros de plus en 2014. Soit une progression de 6 % d’une
année sur l’autre.
En tout, le personnel contractuel de la
présidence, essentiellement les 19 membres de son cabinet, affiche
selon le document de la Cour des comptes une rémunération globale
de 2,86 millions d’euros au titre de 2014, contre 2,7 en 2013. A
ces montants, doivent être ajoutées les cotisations sociales, qui
représentent pour l’Assemblée 50% de la rémunération
totale. Bref, on passe de 4,05 millions d’euros en
2013 à 4,3 millions en 2014…
A titre de comparaison, Bernard Accoyer qui occupait le poste
précédemment ne disposait que de 13 collaborateurs, pour un budget
total de 3,15 millions d’euros en 2011, charges comprises. En 3
ans, la progression aura donc été fulgurante : 1,2 million,
plus de 33% d’augmentation. Son directeur de cabinet plaide
cependant pour une illusion d’optique : « Nous
avons régularisé certaines situations. Des personnels étaient
payés par d’autres administrations. C’était le cas de mon
prédécesseur par exemple. » Voilà qui
paraît étonnant : les administrations se doivent de
compenser à l’euro près les personnels qu’elles se « prêtent
» …
A son arrivée au perchoir en 2012, Claude Bartolone prônait
pourtant « un devoir d’exemplarité ». A cette
fin, il avait décidé de geler le budget général de l’Assemblée
nationale pour les 5 ans à venir. Il avait également réduit
de 10% le montant de l’indemnité pour frais de mandat (IRFM) que
touchent les députés (6.412 euros par mois), soit une baisse
d’environ 640 euros par mois pour les parlementaires.
Le petit surplus pour son cabinet en 2014 représente donc
l’équivalent de l’économie réalisée sur 31 députés…
Lesquels apprécieront comment une partie de leurs efforts est
utilisée par leur Président.
http://www.marianne.net/quand-bartolone-augmente-son-cabinet-240000-euros-100238872.html