Je pense que cette expression a été lancée, dans la foulée de l’évènement, sur le modèle du « ich bin ein berliner », comme une fulgurance trouve le bon slogan publicitaire ; Mais le slogan n’était pas bon ; c’est pourquoi toutes ces tergiversations depuis un an.
Au cours de toutes ces décennies, j’aurais pu dire, je suis une Irakienne, je suis une Libyenne, je suis une Afghane, je suis une Syrienne,etc. Cela aurait juste montré l’empathie que je porte à toutes ces victimes, surtout, victimes « des nôtres », donc, j’exprime ma compassion, je souffre avec.
Ici, rien de tel ; nous sommes, à des degrés divers, atteints, nous-mêmes par ces attentats. pas besoin forcément d’avoir apprécié, voire aimé le journal et ses auteurs, il y a quarante ans.
Donc, le ’ je suis Charlie« , c’est juste : j’ai de la compassion pour moi-même.
Alors, on regarde qui s’affiche »Charlie" ; chez moi, c’est vite plié : les bourgeois, les bobos, les nantis , ceux-là mêmes qui ont défilé le premier mai 2002 en disant : je voterai Chirac, Le Pen ne passera pas’.
Je veux dire les gogos, les non politisés, ceux qui, sous couverts d’humanisme, ne veulent que garder leurs privilèges, de bon goût, de bon teint, mais privilèges tout de même !
Alors, comme je ne suis pas de ceux-là, je ne suis pas Charlie.
Cela revient à ce que vous dîtes, l’auteur : pour garder nos privilèges, il faut bien toutes ces guerres !
Ainsi ce slogan impensé, fait penser !