« Clinton est un danger pour la paix mondiale. Elle doit répondre de beaucoup de choses en ce qui concerne le désastre en Syrie. »
Hillary Clinton et le bain de sang en Syrie
par Jeffrey Sachs, The Huffington Post (USA) 14 février 2016
(extraits) : Quand les troubles du Printemps Arabe ont éclaté début 2011, la CIA
et le font anti-iranien constitué par la Turquie, l’Arabie Saoudite et
Israël y virent une opportunité pour renverser rapidement Assad et de
s’assurer ainsi une victoire géopolitique. Mme Clinton se fit la
principale promotrice de l’entreprise menée par la CIA pour un changemet
de régime en Syrie.
Début 2011 la Turquie et l’Arabie Saoudite
mirent à profit des protestations locales contre Assad pour essayer de
fomenter les conditions de son éviction. Vers le printemps 2011, la CIA
et les alliés des États Unis organisaient une insurrection armée contre
le régime. Le 18 août 2011, le gouvernement des États Unis rendait publique sa position :« Assad doit partir. »
Depuis, et jusqu’au récent et fragile accord de cessez-le-feu
au Conseil de Sécurité de l’ONU, les États Unis ont refusé d’accepter
tout cessez-le-feu tant qu’Assad n’était pas écarté du pouvoir. La
politique américaine - sous Clinton et jusqu’à récemment - a été celle
du changement de régime d’abord et du cessez-le-feu ensuite. Après tout,
ce ne sont que des Syriens qui meurent. Les efforts de paix d’Annan
avaient été sabotés par l’exigence inflexible des États Unis pour qu’un
changement de régime contrôlé par les USA précède ou au moins accompagne
un cessez-le-feu. Comme l’avait observé en août 202 la rédaction de The Nation [hebdomadaire progressiste américain] ::
L’exigence
par les États Unis d’un départ d’Assad et de l’imposition de sanctions
avant même que débutent des négociations sérieuses, tout comme le refus
d’inclure l’Iran dans le processus condamnaient la mission [d’Annan].
Clinton
n’a pas été un acteur mineur dans la crise syrienne. Son représentant
diplomatique à Benghazi, Chris Stevens, avait été assassiné alors qu’il
s’occupait d’une opération de la CIA pour expédier des armes lourdes libyennes en Syrie. Clinton elle-même a été à la pointe de l’organisation des soi-disant « Amis de la Syrie » pour soutenir l’insurrection dirigée par la CIA.
...
L’arrogance des États Unis dans cette approche semble ne connaître
aucune limite. Le procédé du changement de régime fomenté par la CIA est
si profondément inscrit comme un instrument « normal » de la politique
étrangère américaine qu’elle est à peine remarquée par l’opinion
publique ou les médias aux États Unis. Renverser le gouvernement d’un
autre pays est contraire à la charte de l’ONU et au droit international.
Mais a-t-on besoin de telles subtilités entre amis ?
L’instrument
[la déposition d’Assad] de la politique étrangère des États Unis n’a
pas été seulement en violation flagrante du droit international mais a
aussi été un échec massif et répété.
...
Mme Clinton elle-même n’a jamais montré la moindre réserve ou le
moindre scrupule à mettre en oeuvre cet instrument de la politique
étrangère américaine. A son actif en matière de soutien enthousiaste à
des changements de régime sous l’impulsion des Etats Unis, on inclura
(liste non exhaustive) le bombardement de Belgrade en 1999 l’invasion de
l’Afghanistan en 2001 la guerre contre l’Irak en 2003, le coup de force
au Honduras en 2009, l’assassinat du Libyen Mouammar Kadhafi en 2011 et
l’insurrection contre Assad coordonnée par la CIA de 2011 à ce jour.
Clinton est un danger pour la paix mondiale. Elle doit répondre de beaucoup de choses en ce qui concerne le désastre en Syrie.
http://www.legrandsoir.info/hillary-clinton-et-le-bain-de-sang-en-syrie-the-huffington-post.html