GRA@orianeborja
BONJOUR ,
je me permets une première remarque : il me semble ,qu’aujourd’hui comme hier ,les Français sont vigilants à propos de tout ce qui touche non seulement l’école mais de façon plus large l’enseignement ,c’est à dire ce qui concerne toute transmission d’un savoir ,d’un savoir- faire ou d’un savoir- être .
AINSI ,la scolarité dès la maternelle permet elle à l’enfant de découvrir la diversité et la socialisation : dans mon travail dans la lutte contre l’illettrisme je notais que,de façon assez globale, les jeunes qui n’étaient pas passés par la maternelle avaient plus de difficultés à acquérir .
je ne souhaite pas parler ici de la méthode Montessori (la lecture de certains messages d’ores et déjà postés m’en décourage) ,ni d’autres méthodes comme Freinet . encore moins des différentes méthodes « proposées » pour permettre à la sortie de C.M.2 que tous les enfants maitrisent les fameux« savoirs fondamentaux » . j’en ai apprécié la pertinence et l’efficacité dans mon travail ...
par contre , je voudrais indiquer que j’ai passé douze ans dans des écoles sous contrat d’association (oui donc dans le privé : enseignement donc aussi reconnu par l’état et pas seulement école de riches ou de bourgeois ou autres issus de C.S.P privilégiées ) .
j’y ai même vécu comme pensionnaire(internat complet) pendant cinq ans ,de la 4 ième à la terminale .
mes camarades,garçons et filles,et moi suivions donc les programmes du ministère de tutelle : nos enseignants religieux et laïcs ,hommes et femmes ,français et étrangers (libanais ,tchèque ,allemand ,espagnol ,anglais ,etc...) connaissaient à travers nous les mêmes difficultés que leurs équivalents du public .
pendant les cours , non seulement il nous était possible de poser des questions mais elles étaient sollicitées et encouragées par presque tous nos professeurs . leur disponibilité réelle pendant et après les cours les incitait à nous proposer des entretiens chaque fois qu’ils notaient dans notre attitude un élément de comportement nouveau ,y compris concernant nos travaux scolaires .
toutes les semaines ,devant tous nos camarades ,nos résultats de la semaine étaient proclamés ainsi que les remarques concernant la discipline ( respect du règlement intérieur et comportement général) . ainsi , nous savions où nous situer et ce sur quoi nous devions nous améliorer .
après les heures d’enseignement ,toutes les heures d’étude comme de dortoir, se passaient en auto-discipline ,par équipes d’une quinzaine ,terminales ,1 ières ,secondes , et un chef d’équipe élu chaque année par les élèves eux mêmes (en général un terminale ou un première chargé de faire respecter le calme et l’entretien de la salle (oui ,on entretenait nos locaux :balayage ,poubelles ,etc...) . les ainés de terminale nous aidaient en cas de problème .
les jeudis ,selon les équipes ,des activités étaient prévues : reliure ,photo ,céramique ,menuiserie , journal du collège ,sports , travaux d’entretien(peinture ,tapisserie ,etc) dans des familles de la ville qui en avaient besoin ) ,cours de musique ,etc..., le tout gratuit .promenades non surveillées par groupes choisis librement .
nous avions aussi une bibliothèque en libre accès , une salle de détente avec télévision (informations générales à des horaires précis ) et des quotidiens choisis livrés tous les jours en salle de détente .
cette expérience ,ces moments ,nous en parlons encore chaque année ,lors de notre réunion d’anciens (association qui, en 2000, a fêté ses 150 ans ) .
le plus marquant est sans aucun doute l’auto discipline mise en place dès la classe de seconde .
étions nous si, différents des élèves de maintenant ?
les Jésuites étaient ils insouciants en nous laissant ainsi nous frotter à une telle expérience avec ses conflits toujours possibles entre nous mais que nous devions le plus souvent régler par nous mêmes ?
est il encore possible de tenter de telles expériences ?
cela faciliterait il la transmission dans un cadre apaisé où chacun trouverait son compte ,enseignants comme apprenants ?
ce compte rendu hebdomadaire est il impossible de le mettre en place ?
ne permettrait il pas de « corriger » les dérapages dès leur survenue ce qui me semble plus cohérent que de laisser filer les problèmes au point qu’ils deviennent insurmontables ?
ne peut on pas modifier le vocabulaire ?erreur à la place de faute ,par exemple .
tous les enseignants font au mieux dans un système où ils ne se sentent plus considérés à leur juste valeur ,ni en termes de connaissances maitrisées ,ni en tant que personnes , ni par l’institution, ni par les parents parfois qui confondent souvent enseignement et éducation (qui leur incombe ) .
que Voltaire remercie les Jésuites ne devrait pas surprendre plus que ça . c’est grâce à eux et leur vue de« l’homme en devenir » que nous avons eu une liberté de penser et d’analyse dont la plupart d’entre nous les remercions encore .
bonne journée !
P.B.A