Le « retrait » annoncé
doit correspondre tout à la fois à des considérations d’ordre diplomatique,
militaire, et logistique. Mais il est semble-t-il, plus tactique que
stratégique. Poutine ne nous a guère habitués à des « retournements »
sans fondements, et il a géré jusqu’à présent la problématique syrienne
« de main de maître », parvenant en quelques mois à renverser une
situation très difficile pour le régime en place, à redonner à son propre pays
sa juste place dans ce qu’il est convenu d’appeler le "concert des
Nations" (du moins de celles qui sont parties prenantes ou prétendent
l’être dans les conflits du Moyen Orient), à conserver ses bases, et finalement
à faire apparaître de façon claire les tenants et les aboutissants des
« interventions » extérieures en faveur de tel ou tel belligérant (E.U et leurs affidés européens, au nombre desquels
la France de Hollande tient une place de choix , Turquie, Iran, Israël, Arabie
saoudite, Qatar).
Somme toute, Poutine, a abattu
les planches grossières qui masquaient, telles celles d’un village Potemkine (la
référence s’impose) une réalité syrienne assez complexe, faite de conflits
intérieurs, mais également d’ingérences extérieures guidées, sous couvert de préoccupations
humanitaires et démocratiques, par des intérêts économiques et politiques.
Il apparaît désormais clairement
que derrière la fiction d’une armée syrienne libre inventée par les
Anglo-Américains, derrière la fiction de démocrates syriens entrés en rébellion
contre une dictature sanguinaire, derrière la fiction de groupes djihadistes « modérés »
en réalité réanimés et mis sur pied, équipés et entretenus par les puissances
occidentales et les monarchies golfiques, se cachaient des intérêts et des
calculs relevant de rivalités géopolitiques et/ou économiques planétaires.
La désinformation de masse que
nous avons subie a perdu de sa crédibilité, et l’opinion française retrouve un peu
de sa lucidité. Certains articles d’Agoravox y ont fortement
contribué.