« The time are a-changing, » comme disait Dylan. Déjà comme vous dites Zweig écrivait le monde d’hier, mais ce n’était pas en 34, c’était en 42...Zweig, ce n’était pas non plus le courage politique incarné...Il se donne le bon rôle de vigie dans « le monde d’hier », alors qu’il a été très timoré quand les nazis sont arrivés au pouvoir. Voir sa correspondance avec Roth que ses attitudes de grand bourgeois insupportait.
Roth et Zweig sans pitié dangereuse - Culture / Next« Pendant ces dernières décennies, Bagdad et Damas ont été l’épicentre du conflit militaire déterminant, un peu l’équivalent de Verdun pour l’Europe de 1916 »...De la petite bière vos propos, tout de même, quand on sait que tout cela a été dynamité par l’éclatement de l’empire ottoman, et que le moyen orient ne s’est jamais remis de ce charcutage depuis 1 siècle.
Oui, pas besoin d’être Sartre pour s’apercevoir qu’on peut se sentir libre même sous une dictature, pourvu qu’on descende un col de alpes cheveux au vent. Mais l’on ne parle alors que de soi, pas du rapport des autres avec la réalité.
Relisez plutôt Alexandre Vialatte, il vous consolera. Il a écrit de très belles choses sur le vieillissement et le renoncement, sujet finalement central de votre article, en utilisant la métaphore de ce« mystery train »dont vous parlez http://bit.ly/1MpiGV6 « Vingt fois j’ai voulu dire adieu à ma jeunesse. Vingt fois j’ai craint de me montrer ridicule. C’était trop tôt. La fois suivante, elle était partie. On ne saurait dire adieu trop vite à sa jeunesse. Elle s’en va sur la pointe des pieds.
L’homme entre dans le soir de sa vie comme dans un pays étranger. Les gares sont plus petites et plus rares. Les voyageurs deviennent moins nombreux. Ils ont changé de costume. On ne voit plus de bérets basques. Les quais sont de plus en plus déserts. Les affiches, dans les salles d‘attente, ne parlent plus des mêmes montagnes. Et soudain, au bout d’un tunnel, l’horizon lui-même a changé. Quels sont ces longs pays bleuâtres ? Des plaines s’étendent, qu‘on n‘avait jamais vues ; transfigurées par on ne sait quel reflet. Plus loin, au loin (mais à quelle distance exactement ? les distances trompent), plus loin, c‘est la terre de la mort. »....Quand les choses sont si bien écrites, elles nous consolent des malheurs de l’existence, bien mieux que les fleurs en plastiques dans les cimetières...