@Daniel Roux
L’objectif de l’opération n’est pas de rémedier à l’existence des paradis fiscaux, mais de déstabiliser ceux qui les combattent où les combattrons ;
Les #Panama
Papers sont un moyen de chantage idéal
Le proverbe
dit : « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le
doigt ».
Quand un pourri
nous désigne en vindicte un monde pourri et qu’il s’en exclut, il y a anguille
sous roche. Le seul fait qu’il n’y ait aucune personnalité étatsunienne dans la
liste panaméenne est suspect en soi. Qu’il y ait eu fuite ou
pas, il est certain que ce qui apparait dans les médias résulte d’une deuxième
« fuite », bien contrôlée celle-là, à partir de matériaux dont
disposaient les instigateurs de l’opération médiatique. Il n’y aura pas de preuves non plus, parce que les premiers qui
seraient touchés sont les plus grands cabinets de Londres, New York, Paris,
Bruxelles, Luxembourg, etc. Ce sont ces cabinets qui créent et administrent,
pour leurs clients, les comptes à Gibraltar, Malte, les îles Anglo-Normandes,
les Caraïbes et autres paradis fiscaux, et ils ne travaillent pas à l’insu des
grands services de renseignement.
Mais les «
fuites » actuelles de données, diffusées, à grand renfort de
publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une
« Organisation non gouvernementale « financée par le gouvernement
américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que
l’empire américain n’aime pas.
Il y a déjà 16
mois, Ken Silverstein a publié un reportage
sur Vice à propos de Mossak Fonseca, un gros fournisseur véreux de sociétés
fictives du Panama. (L’Intercept de Pierre Omidyar, pour lequel Silverstein
travaillait alors, avait refusé
de publier le reportage.) Yves Smith a publié plusieurs
longs articles sur le business du blanchiment d’argent de Mossak Fonseca.
Pour pouvoir
fonctionner, les sociétés fictives comme Drex ont besoin d’un agent agréé,
parfois un homme de loi, qui dépose les documents d’enregistrement nécessaires
et dont le bureau sert habituellement d’adresse à la société fictive. Cela crée
un intermédiaire entre la société fictive et son propriétaire, surtout si
l’entreprise fictive est enregistrée dans un paradis fiscal où l’information
sur la propriété est protégée par un mur impénétrable de lois et de règlements.
Dans le cas de Makhlouf – et, comme je l’ai découvert, dans le cas aussi
d’hommes d’affaires véreux et de gangsters du monde entier – l’organisation
internationale qui a permis d’enregistrer sa compagnie fictive et de la
protéger contre la surveillance internationale était un cabinet d’avocats
appelé Mossack Fonseca, qui a fait office d’agent agréé de Drex du 4 juillet
2000 à la fin de 2011.
Le Sueddeutsche
affirme que les données « fuitées » concernent quelques 214 000
sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement beaucoup
de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des Etats-Unis sont impliqués
dans ces sociétés ? Quels politiciens de l’Union Européenne ? Quelles
sont les grandes banques de Wall Street et les fonds spéculatifs qui se cachent
au Panama ? Oh pardon. Le Sueddeutsche et ses partenaires ne répondront
pas à ces questions. Voici comment ils « analysent » les
données :
Les
journalistes ont réuni des listes des politiciens importants, de criminels
internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le traitement
numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces listes figuraient
dans les fuites. La liste « scandale des dons au parti » contenait
130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de 600. En quelques minutes,
le puissant algorithme de recherche a comparé les listes avec les 11,5 millions
de documents.
Pour chaque
nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au moyen des
questions suivantes : quel est le rôle de cette personne dans le réseau
des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La
structure est-elle légale ?
En d’autres
termes, le Sueddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de
personnalités et d’organisations connues que les Etasuniens n’aiment pas et a
vérifié s’ils étaient dans les données « fuitées ». Les résultats
obtenus ont ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel
retour annuel de la campagne de diffamation
contre le président russe Vladimir Poutine, des accusations contre diverses personnes de la
fédération de football de la FIFA,
fort détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de
moindre importance.
Il n’y a rien sur
aucun Etasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La
« victime » le plus politique est
bizarrement, à ce jour, le premier ministre de l’Islande, Sigmundur David
Gunnlaugsson, qui, possédait avec sa femme, une des sociétés fictives.
A quoi vous attendiez-vous ? La
fuite est gérée par un organisme qui porte le nom grandiose, mais qui prête à
rire quand on connait l’oiseau, de « Consortium international des
journalistes d’investigation ». Il est entièrement financé et géré par le
Centre des États-Unis pour l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds
comprennent :
La fondation Ford
La fondation Carnegie
La fondation de la famille Rockefeller
La Fondation W
K Kellogg
La Fondation
pour une société ouverte (Soros)
Le Consortium International des
journalistes d’investigation (ICIJ) fait partie du Projet
de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé
par le gouvernement américain à
travers l’USAID.
La
« fuite » consiste en un ensemble de données sélectionnées par des
organisations amies des Etats-Unis , qui contient sans aucun doute
beaucoup d’informations fort compromettantes sur des personnes et des
organisations « occidentales ».
La publication d’informations triées sur le
volet à partir des données « fuitées » a deux objectifs :
Elle salit divers « ennemis
de l’empire », même si c’est seulement par personne interposée comme les
présidents Poutine et Assad.
Elle prévient d’autres
personnalités, celles qui figurent dans la base de données, mais dont les noms
n’ont pas encore été révélés, que les Etats-Unis ou leurs « partenaires
médiatiques » peuvent, à tout moment, exposer leur linge sale en public.
C’est donc un moyen de chantage idéal.
La
« fuite » des « Panama Papers » a été orchestrée par une
petite coterie pour incriminer quelques personnes et quelques organisations qui
ne plaisent pas aux Etats-Unis. Ces personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui
contrôlent la base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…