Merci pour cet article très éclairant.
Il y a juste un point où je trouve un peu ridicule la pensée de Heidegger poussée au bout de sa logique. Quand vous donnez l’exemple de l’’agriculture industrielle qui selon vous « n’est pas un nouveau moyen de nourrir les hommes et de lutter contre la disette. » Et vous ajoutez « Ce qu’elle est vraiment dans son essence » est un secret.
Si tous les agriculteurs s’étaient arrêtés pour s’asseoir en tailleur et habillés en moines pour méditer là-dessus en attendant la Révélation du Secret, nous serions tous morts de faim, ou pas nés.
Personnellement, je vois les choses de la manière suivante : notre être (part de nous intime et profonde) et notre individu (part visible et utile) sont tantôt « dans le moment » et tantôt « dans la situation ». Hélas beaucoup trop souvent dans le second cas de figure que dans le premier. Mais, je suis convaincu que l’on peut concilier ces deux impératifs d’être sans avoir à opposer l’un à l’autre.
Sur le fond, j’approuve globalement. Effectivement, on s’asservit à la technique qui nous sert et, dans la possession toujours plus grande des choses, on se retrouve dépossédé de nos racines.