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Commentaire de

sur Primordial : la création des richesses


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(---.---.99.137) 7 mars 2007 18:37

Et la taxe ? Il est des signes qui ne trompent pas : si, avec ce comportement moutonnier qui caractérise les opérateurs financiers, banquiers, ministres, « experts », économistes et journalistes bien-pensants consacrent autant de leur précieuse énergie à combattre une mesure, c’est qu’ils en ont senti l’impact populaire et donc le danger pour les intérêts dont ils sont les porte-parole. C’est bien ce qui se passe actuellement avec le projet de taxe Tobin. Proposée en 1978 par l’économiste et Prix Nobel américain James Tobin, cette taxe, comme on le sait, vise à imposer les transactions monétaires (opérations de change d’une monnaie à une autre) à un taux très faible, de 0,1 % à 0,25 %. Cela de manière à ne pas pénaliser les activités de l’économie réelle (importations, exportations, investissements), mais à mettre un « grain de sable » dans les rouages de la spéculation. Après deux décennies de conspiration du silence autour de cette proposition, on est passé au pilonnage : désormais, toute la « communauté » de la finance, ainsi que ses amis et obligés, sont sur le pont pour faire barrage à cette maudite taxe. Ainsi, entre deux épisodes de son raid sur la Société générale et Paribas, M. Michel Pébereau, président-directeur général de la BNP, a trouvé le temps de venir participer à un colloque pour expliquer longuement qu’elle était à la fois impossible à mettre en place, inefficace et, sans rire, inéquitable (1).

Trois thèmes déjà ressassés depuis le printemps 1998 (2) par le ministre français de l’économie et des finances, M. Dominique Strauss-Kahn (3), par M. Olivier Davanne, conseiller du premier ministre (4), et dans une multitude d’articles de presse. Le premier de ces thèmes est que la taxe Tobin « n’est pas faisable sans un large accord international ». Mais qui a jamais dit le contraire ? Cette remarque vaut aussi logiquement pour toutes les propositions de réforme du système financier international, y compris celles du gouvernement français. D’autant que M. Pébereau donne lui-même la recette lorsqu’il explique que « les opérateurs de marché sont très créatifs et font travailler l’imagination avec beaucoup d’efficacité pour inventer des instruments susceptibles d’échapper à l’impôt dès qu’un impôt est créé ».

On n’ose pas croire que cet ancien inspecteur des finances préconise la capitulation sans combat devant les fraudeurs. On préférera lire sa remarque comme un appel à la créativité des experts de tous les ministères des finances des Quinze, de la Commission de Bruxelles et de la Banque centrale européenne pour élaborer des modalités d’application de la taxe Tobin neutralisant ou limitant les possibilités de contournement, sujet sur lequel existe d’ailleurs une abondante bibliographie (5). N’ont-ils d’ailleurs pas déjà fait leurs preuves en montant l’opération autrement plus complexe qu’était la mise en place de l’euro ?


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