ibid
La responsabilité historique de la France dans la Nakba palestinienne
La France a sa part de responsabilité
dans la partition de la Palestine et in fine de la création de l’Etat
colonial israélien. C’est en effet la France qui a fait basculer le vote
onusien de novembre 1947. La position française en faveur du sionisme
s’explique par la question coloniale : la France se sent menacée dans
son empire colonial et perçoit le futur Etat colonial juif comme un
allié stratégique dans son combat contre la Ligue arabe et les
mouvements nationalistes. Léon Blum ne déclarera-t-il pas à Vincent
Auriol, alors président de la République « Rien ne serait plus
dommageable pour notre domaine d’Afrique du Nord, qu’une marque de
débilité de notre part en Palestine. Il faut briser la résistance arabe ».
L’ensemble des partis politiques, y compris le Parti Communiste
Français, ainsi que la grande majorité des intellectuels français comme
Sartre et Camus se sont aussi fortement mobilisés pour défendre les
intérêts de l’Etat sioniste en formation. Rien d’étonnant alors à la
collaboration continue de l’Etat français avec l’entité sioniste depuis
sa création et aux démonstrations d’allégeance des politiques français,
notamment des socialistes. Rien d’étonnant non plus à la criminalisation
actuelle de l’antisionisme et à la mise en œuvre d’une politique
ouvertement raciste et discriminatoire envers la population
arabo-musulmane parce que sa condition fait d’elle une catégorie
contestataire politiquement d’une part et solidaire de la cause
palestinienne d’autre part. La récente « initiative française pour la
paix » s’inscrit dans cette politique de soutien inconditionnel à l’Etat
colonial sioniste car elle vise tout simplement à liquider droits
fondamentaux des Palestiniens.