Plutôt curieux la programmation en mai 2016 de cette pièce
d’Heiner Müller, déjà traduite depuis 2007 en français… En pleine période de
remise en cause des droits sociaux et de la loi Travail ‘Valls/El-Khomry’, il y
a de quoi se poser quelques questions !!
La mise en scène insiste finalement assez peu pas sur les
conflits internes de la bureaucratie, somme toute toujours d’actualité,
confrontée à la réalité concrète des problèmes paysans et à son mépris du
peuple.
Le choix d’acteurs non professionnels n’est pas la seule
excuse. Ils se débrouillent bien ; c’est la mise en scène qui fait le
choix d’une certaine platitude, tant dans les intonations systématiquement
‘attendues’, que dans de nombreux jeux de scène caricaturaux. Elle opte pour un
autre parti-pris : l’amour en république démocratique, est toujours
ridicule…lourdement même.
Autre parti-pris assez lourd, le fait d’exhiber un journal
français actuel – l’Humanité – comme support de la démonstration du discours
totalitaire… Quand on sait le peu de poids actuel du communisme en France, on
ne peut s’empêcher de sourire…
La pièce d’Heiner Mûller visait justement le totalitarisme
dans son essence, son arrogance à s’arroger un droit légitime de représentation
des intérêts du peuple, alors qu’il ne favorisait qu’une petite nomenklatura de
privilégiés. Quelle est la bureaucratie actuellement qui dirige en France
? L’Union Européenne ; celle-là même qui impose aux états d’’assouplir’
toutes les ‘contraintes’ pesant sur les ‘entreprises’ – surtout les multinationales…
Cette bureaucratie de technocrates grassement payés – et corrompus à la solde
de lobbies – dont la seule obsession est d’affaiblir les états et de détruire
toutes les garanties citoyennes acquises depuis l’après seconde guerre
mondiale, et dont les gouvernements de ‘droite’ comme de ‘gauche’ sont les
relais depuis les années 1970.
Il est donc intéressant de savoir qui a pu produire cette
pièce, et cette mise en scène, dans le contexte politique actuel de remise en
cause systématique des droits sociaux.
Et bien cette pièce a été produite par
la Drac, c’est à dire directement l’administration en charge des ‘affaires
culturelles’. Drac nommée par qui ? Evidemment par le même gouvernement
qui s’applique depuis maintenant 4 ans (ceux d’avant faisaient certes la même
chose) de trahir tous les acquis sociaux issus de la période 1945/1955. Acquis
sociaux dont la majeure partie a été votée par une coalition de communistes et
de gaullistes qui à l’époque était farouchement opposés à la commission
européenne. Curieux non ?
En matière de bureaucratie et de mépris institutionnel des peuples, les
plus célèbres dissidents communistes passés à l’ouest nous avaient pourtant
prévenus, que ce soit Soljenitsine, ou Vladimir Boukovsky qui disait à
propos de l’union (soviet) européenne imposée par manipulation et propagande constante
des médias : « J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas
marché. »…