Bonjour,
Que Dieu bénisse les bobos moralisateurs !!! Chaque jour ils apportent leur lot de soleil dans notre quotidien !!
J’étais moi aussi à cette dernière session Ted X Paris, c’était une première pour moi et je ne le regrette absolument pas !
Comme vous toutefois j’ai vu beaucoup d’autres bobos dans la salle, venus se payer leur quota de frisson empathique et pérorer autour d’un boulgour bio à l’entracte.
Mais ils n’étaient pas seuls, d’autres étaient présents dans la salle, dont votre serviteur, qui étaient là pour la découverte et pour tenter de voir cet invisible qu’on nous promettait.
Oui au début il y eu ce moment incertain où il a fallu se tourner vers son voisin de derrière pour échanger avec lui sur ce qu’il entendait par « invisible ». Non ce ne fut en rien un échange sectaire ! En quoi échanger avec un inconnu sur un sujet aussi étrange est il sectaire ? Dans ce cas nous sommes ici en plein cœur d’une secte !!! Qui se propose comme gourou en chef ?
Vous qualifiez « d’inégales » les « qualités intellectuelles et morales » des intervenants, puis je savoir sur quelle échelle de valeurs vous vous basez pour poser ce jugement ? Qui vous a intronisé « juge en valeur humaine et intellectuelle » des autres ? Cet invisible qu’on nous promettait n’était il pas en fin de compte le fil qu’on suivi tout au long de leurs parcours les intervenants ? En quoi les compétences de ce mathématicien sont elles inférieures à celles de cette artiste ? Au nom de quels principes et surtout qui peut aujourd’hui se poser en juge en donnant une note ?
La condescendance est la mère du mépris, celui ci conduisant infailliblement à la haine.
Oh bien sur comme je vous l’ai dit plus haut il y avait dans la salle nombre de bobos venus faire oeuvre d’empathie bon marché, verser leur petite larme d’émotion en voyant ces magnifiques photos de « migrants » , il est vrai que les migrants ont du mal à s’acclimater au Marais ou au 17e arrondissement, et gloser à l’entracte sur « l’infinie détresse humaine ».
Au delà de ces migrants , que je croise régulièrement en banlieue au milieu d’autres laissés pour compte dont on ne parle pas, je me suis surtout attaché a scruter leurs regards, et de nouveau j’ai pu voir cet invisible attendu, le lien de ce regard et de celui de la photographe, elle même ne pouvait peut être pas mettre de mots dessus au moment de la prise de vue, mais ce n’est pas un hasard si la majorité des photos étaient des portraits dans lesquels les yeux nous accrochaient.
De « simples parcours de vie » dites vous d’un ton plutôt condescendant, mais qui a dit qu’un parcours de vie était simple ? Là aussi allez vous appliquer une échelle de valeur verticale ? Notant la douleur et les expériences des uns et des autres selon un barème allant de bouleversante à insignifiante ? Mais qui êtes vous donc pour juger ainsi de la souffrance ou du parcours de ces intervenants ? La souffrance de cette jeune femme qui a vécu un parcours menant à l’auto destruction avant de trouver sa rédemption dans le théâtre est il plus ou moins intéressante que celui de ce prêtre abandonnant ce qui était les fondations de sa vie par amour ?
Encore une fois je serais curieux de connaitre l’échelle de valeurs vous permettant de classifier ainsi la valeur des parcours.
Ancien militaire ayant servi des années en Afrique j’ai connu les souffrances des hommes et des femmes vivant la guerre et la misère au quotidien, mais je serais incapable de donner une note permettant de dire si la douleur de cette fillette de 10 ans violée à la chaine par des miliciens était supérieure à celle de jeune garçon de 5 ans ayant vu ses parents découpés vivants à la machette.
Ces deux exemples sont deux parmi une trop longue suite qui me tient parfois éveillé la nuit 30 ans plus tard, pourtant je suis touché et je comprends , ou j’essaie, la douleur de cette jeune femme au parcours chaotique ou de ce prêtre qui choisis de bouleverser totalement sa vie par amour.
Alors oui je suis curieux de connaitre cette échelle de valeur qui vous permet de juger, de classifier , de noter la valeur de ces témoignages.
Une dernière chose sur le fait de « changer le monde », prétention qui semble vous faire rire de façon un peu dédaigneuse, dites vous que chacun de nous, à chaque instant par nos choix et nos non choix nous « changeons le monde », à petite échelle certes, mais personne ne prétend à lui seul transformer la planète, à part des prétentieux dangereux !
Merci beaucoup pour votre article qui m’a en tout cas permis de mettre des mots sur ce que je ressentais.
Olivier