Cet article me laisse dubitatif...En premier lieu, parce que je pourrais être tout à fait d’accord avec son propos, toutefois j’ai le sentiment que l’auteur distingue la croyance et le savoir sur un objet social identique : l’Homme (objet social) se meut sur un continuum « savoir-croyance ». C’est à dire que ce que j’y lis, c’est qu’il faut se méfier de la croyance fluctuante, ce à quoi j’agrée.
Par contre, je distingue pour ma part l’objet « croyance » sur un continuum ’croyance-conviction« , qui ne fait pas intervenir la notion de savoir (ou de Vérité). L’exemple fréquent que je donne pour illustrer ce propos, c’est le »curé pur et parfait«
Le curé pur et parfait ne croit pas en Dieu, mais il SAIT que Dieu existe. Or tout athée SAIT très bien, lui que Dieu n’existe pas... et pense donc que le curé CROIT seulement en Dieu à 100%.Nous n’existons psychiquement qu’à travers nos croyances, qui sont plus ou moins des certitudes, et s’il existe une Vérité, elle n’existe que dans un Réel (lacanien) qui nous est inaccessible. L’état de nos »croyances vraies« (nos convictions, donc) définit notre idéologie, justement ce substrat parfaitement ininterrogeable puisque ça nous apparaît l’évidence même. Par exemple, cet article même propose un savoir, c’est à dire qu’au delà de tous les doutes que l’auteur pourrait avoir, il pressent une forme de vérité dans son propos qui lui est nécessaire pour le formuler. Que se passe-t-il alors si je me permets de mettre en doute ce savoir ?
Et pour terminer, après relecture de l’article ainsi que mon com’, je n’arrive toujours pas à déterminer si je paraphrase bêtement l’auteur, ou si ma distinction apporte quelque chose.
Je cite : »Ceux qui ne croient pas, ostensiblement ou clairement, ont des illusions, des naïvetés parfois confondantes, des attentes, des espoirs hors de portée du réel, même s’ils créent une énergie qui pousse à l’action.« C’est donc dire que certains ne croient pas, Or tout le monde croit, tout le monde doute aussi, et effectivement le Savoir se construit contre la croyance dans une démarche critique, mais il est »hors humanité« , »hors sol".
Bref, mon propos est de dire que seule la croyance est humaine. Le savoir, lui, s’applique au Réel.
Pour le reste, plutôt d’accord avec la confiance comme béquille de la croyance pour fonder un supposé-savoir.