S’il y a des
Britanniques qui regrettent leur vote, ce sont ceux, plus âgés, de
la petite bourgeoisie qui ont voté Thatcher, selon des journalistes
anglais indépendants d’investigation, pas ceux de la presse
capitaliste.
Ils ont parcouru le
pays et interrogé des milliers de compatriotes des campagnes mais
aussi des villes sans âmes, désindustrialisées, désabusées,
ennuyeuses.
Tous disent que leur
cher pays où régnait une certaine harmonie, une incontestable unité
nationale après la Seconde Guerre mondiale qui donna au pays un si
grand motif de fierté, avaient été brisées par Thatcher, le pion
des financiers de la City et que l’UE n’avait fait que poursuivre et
amplifier le fossé entre le peuple et les privilégiés
impitoyables.
Ils ont constaté
que la sortie de l’UE avait été votée non seulement par le peuple
ouvrier et employé en opposition avec les « syndicats »,
mais également par cette petite bourgeoisie, professions libérales,
commerçants, qui regrettaient maintenant le temps de
l’avant-Thatcher. Ce sont donc des gens d’un certain âge,
c’est-à-dire des gens d’expérience. Et leur vote est solide : il
serait le même, plus déterminé sans doute, s’ils devaient le
renouveler.
Alors que le jeune
Londonien des milieux aisés est convaincu que si tous n’accéderont
pas à la manne financière - ce qu’il ne souhaite pas d’ailleurs -
lui qui est malin et bien éduqué parviendra à en avoir une bonne
part.
Theresa May a
sûrement compris avec son entourage, qu’il fallait lâcher du lest
pour éviter des mouvements sociaux aussi violents et puissants que
ceux des mineurs contre Thatcher mais qui auraient cette fois le
soutien des classes moyennes. Donc elle négociera le retrait de l’UE
tout en essayant comme le confie Johnson de continuer à peser dans
un sens libéral sur l’UE.