Karim, vous confondez tout. La laïcité c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, qui est une liberté qui vient du fait que l’Etat n’a pas de religion officielle, contrairement à tous les pays arabes et maghrébins. Ce qui ne signifie nullement qu’il soit athée mais protège des libertés qui relèvent des lois que se donnent les hommes entre eux, à partir de leur expérience, et non d’un dieu. Ce qui n’empêche pas ces hommes de croire, ils considèrent simplement que les hommes se gouvernent eux-mêmes lorsqu’il s’agit de leurs affaires terrestres. Le problème avec l’islam, c’est que ce processus de sécularisation du religieux ne s’est pas produit, et que cette religion reste dans le sacré en entendant imposer le principe de la foi comme supérieure au droit, le mettant sous son autorité. Notre modernité tient au fait que ce ne sont pas des religieux qui décident de comment nous vivons en société, mais des gens élus selon leurs compétences pour gérer les institutions de l’Etat, qui garantissent des libertés et des droits économiques et sociaux à tous quelles que soient leurs différences, qui n’ont rien à devoir aux religions.
Le problème du burkini rejoint celui des manifestations religieuses d’un islam qui n’ a pas accepté cette conception laïque de l’Etat, et pèse contre lui, en s’organisant sur un mode communautaire. Cet Etat est pourtant une garantie pour tous les cultes de ne pas se voir opprimés, puisqu’il n’en défend aucun particulièrement, mais la liberté pour chacun d’en choisir un ou de ne pas en avoir.