Contrairement aux apparences, l’islam n’en a plus pour très longtemps. Du nazisme, dès 45, et grâce aux images cinématographiques, on aura pu très vite découvrir les horreurs. Le processus, concernant le communisme, aura été beaucoup plus lent parce que si l’idéologie génocidaire du Reich avait été très explicitement formulée et se trouvait en parfait accord avec ses entreprises, le communisme diffusait des idéaux auxquels n’importe quel naïf pouvait souscrire : libérer les peuples de l’esclavage capitaliste pour créer enfin une société sans classes, un paradis sur terre, ça n’avait rien de particulièrement choquant. Beaucoup auront ont cru longtemps que les procès de la période stalinienne étaient parfaitement justifiés, surtout quand les accusés quelque peu torturés finissaient par convenir de leur culpabilité. Les grands massacres, en particulier celui de Katyn, n’auront été connus que fort tardivement. A l’heure qu’il est cependant, ne se réclament plus du communisme que quelques très rares et inoffensifs abrutis qui font rire tout le monde.
L’islam est un totalitarisme (je dis bien : l’islam, et non pas l’islamisme), et si on le compare aux deux autres, c’est évidemment au nazisme qu’il s’apparente le plus : un peuple supérieur par sa connaissance des fins dernières révélées dans le Coran, qui aura pour tâche de soumettre l’ensemble des hommes et de les convertir, en assassinant s’il le faut tout ceux qui s’opposeront à un si beau dessein. Quand on connaît un projet, qui n’a plus rien de secret à l’époque de l’Internet, qui est déjà parfaitement formulé dans un Coran qu’on peut trouver partout à moins de dix euros et quand on voit ce qui s’est passé ces deux dernières années du côté de Mossoul ou de Raqqa (je pense aux exécutions de masse, aux décapitations filmées) et même à Paris en de multiples endroits (à peu près deux cent cinquante morts) il n’est absolument pas possible de se faire la moindre illusion. Ce sera eux ou ce sera nous.
Or, on n’est pas du tout confronté, comme on le dit trop souvent, à une guerre des « civilisations ». L’islam à l’époque des Abbassides puis dans le sud de l’Espagne a pu produire de grandes et belles choses, mais l’Empire Ottoman, surtout après Lépante en 1571, c’est l’histoire d’une très lente dégringolade. Pendant que l’Occident s’affranchit peu à peu du christianisme et développe la connaissance rationnelle et scientifique, le monde musulman se fossilise lentement, au point de refuser l’imprimerie jusqu’au début du XIXe siècle. On ne peut donc pas parler d’une « civilisation » musulmane qui serait « en guerre » contre l’Occident. Si guerre il y a, c’est une guerre du haut moyen-âge contre une seule civilisation mondiale et mondialisée, la même de San-Francisco à Tokyo en passant par l’Europe.
Face à cette puissance scientifique et culturelle qui progresse à grands pas malgré les crises, le monde musulman ne pèse pas bien lourd. Il s’enivre actuellement du rêve délirant d’une Saint-Barthélémy sanglante aux dimensions de la planète, mais il ne voit pas qu’il est en train de franchir, particulièrement en France, une ligne rouge, et qu’après l’ivresse jihadiste, ce qui l’attend s’il persévère, c’est pour des années une formidable gueule de bois assez comparable à celle des Allemands dans les années qui ont suivi la guerre.