Je travaille actuellement dans une association (centre de formation et de réinsertion) qui consacre 30% de son énergie à faire du social. Mes collègues sont obligés de me freiner car j’aurais tendance à prendre tout le monde et il faut payer le loyer, l’électricité, le chauffage, etc. Nous n’avons absolument aucune subvention et la municipalité nous a récemment donné le choix entre retirer une partie de notre affichage ou payer une taxe de 2400 eus. Et maintenant nous sommes menacés d’être fiscalisés. Je vois bien pourtant que nous jouons un rôle social (accueil de réfugiés politiques, alphabétisation, échange de savoirs, café philo, synergie avec d’autres associations comme France-Ruanda (MECE) et l’épicerie solidaire pour les étudiants et que beaucoup de gens nous disent (qu’ils soient pauvres ou à l’aise, jeunes ou vieux) qu’ils se sentent bien chez nous, mais nous défions les critères de rationalité et de calcul qui dominent la société actuelle où tout ce qui est nouveau, inventif, différent, tout ce qui échappe au système doit passer sous les fourches caudines de la normalisation. Je me rends compte qu’une partie de ce qui reste de l’équilibre social repose sur les associations (Ken Loach le montre bien dans son film), mais je n’entends peu d’hommes politique (et aucun candidat à la présidentielle) qui promette sérieusement d’aider les associations (alors que pour certaines, c’est une question de survie).
Tenez le coup ! je vous embrasse fraternellement.