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Thierry SALADIN
Je
n’ai effectivement jamais assisté à une conférence sur l’esperanto. Mais en
revanche j’ai bel et bien ouvert un livre d’esperanto prêté par un ex-collègue
qui s’était mis en tête d’apprendre cette langue. Durant quelques mois, ce
collègue a suivi des cours à Paris, au moment où – moi l’Auvergnat - je prenais
des cours de breton. Et à aucun moment je n’ai tenté de le dissuader de suivre
ces cours d’esperanto. De quel droit et à quel titre l’aurais-je fait ? Nous
avons arrêté ensemble de prendre nos cours, moi parce que les nouveaux horaires
ne me convenaient pas, lui parce qu’il a estimé qu’il perdait du temps avec une
langue artificielle qui ne parviendrait jamais à s’imposer, ce qui était également
mon avis.
Vous
déniez le droit de critiquer une langue au motif que des gens ont été
persécutés pour la défendre. C’est absurde : tant de personnes ont, sur la planète, été persécutés
parce qu’ils défendaient leur langue maternelle qu’il faudrait donc ne pas
émettre la moindre critique sur la construction et l’histoire de ces langues, et a fortiori une langue artifiielle ?
Voilà une position pour le moins totalitaire !
Je
ne vous dénie pas le droit de vous passionner pour l’esperanto et d’y croire.
Laissez-moi dire ce que j’en pense : en quoi cela vous enlève-t-il quoi
que ce soit ? Franchement, les bras m’en tombent. Quant au fait d’avoir
mis l’esperanto sur le tapis, hors sujet comme vous le soulignez, c’est vous
qui en êtes responsable, et pas moi, pas plus que ceux qui se sont exprimés sur
cette langue.