La tradition de Noël est antérieure à la romanisation.
A la suite de la crise du 3ème siècle, l’empire était au
bord de la dislocation. L’empereur Aurélien, restaurateur de l’ordre, décida d’adopter
et d’imposer le culte commun le plus répandu dans l’empire afin de renforcer le
lien commun entre les provinces : le culte solaire, particulièrement vivant
dans les populations celtiques et germaniques pour lesquelles la mécanique
universelle était calée sur les solstices et les équinoxes, événements célébrés
à travers des divinités symboliques.
Aurélien baptisa ce syncrétisme, ce culte unifié, « Sol
Invictus », le Soleil Invaincu. Aurélien lui fit édifier à Rome un temple
sur le Champ de Mars, créa un collège de Pontifes du Soleil et fit du culte de
Sol Invictus une sorte de religion de l’État (et non une religion d’État). La
nouvelle divinité se superposait simplement aux autres cultes, et la population
restait. Une grande fête du Soleil Invaincu avait lieu le 25 décembre, soit la date du solstice d’hiver selon le calendrier
julien : c’était le Dies Natalis Solis
(« Jour de naissance du Soleil »), christianisé par la suite en Occident
(Natalis a donné les termes Natale en italien, Nadal en occitan et en catalan,
Noël en français), mais les populations indo-européennes célébraient cette fête
depuis plusieurs siècles. L’habileté d’Aurélien a consisté à imposer ce qui
était familier à la population en le généralisant alors que les pratiques
préalables étaient locales et portaient des noms différents.