@Siatom
Depuis tant d’années, les centristes attendaient Bayrou ; ce fut Macron. Fort heureusement, ce ne fut pas exactement un Waterloo. Le Palois durant la campagne, il faut s’en souvenir, n’attendait rien pour lui ni pour ses gens de l’élection de celui qui l’avait finalement supplanté. C’était la position même des grands mystique refusant de lorgner sur la perspective de leur salut personnel et qui espèrent quand même, comme on peut bien l’imaginer parce que c’est très humain, que ce sublime détachement leur sera profitable au centuple. Après bien des péripéties, la Justice lui sera finalement tombée dessus pour qu’il en soit l’ultime dépositaire, et ce n’est pas rien que la Justice.
J’ai la plus grande admiration pour François et je vous sais gré, de contribuer, par cet article, à prolonger un peu son existence médiatique. J’ai été horrifié de tomber hier soir en consultant mes mails, sur un site qui proposait un sondage concernant le Garde des Sceaux. 90% des François souhaitaient apparemment que François démissionnât. Quelle ingratitude ! Voilà un homme qui se proposait de « moraliser la vie politique » dans notre beau pays ; c’était écrit en toutes lettres sur le pupitre derrière lequel il vaticinait sur l’avenir de la République, et on ne voudrait déjà plus de lui. Or, comme vous le faites très bien apparaître, Bayrou est un homme complexe, et très versé dans les questions qui touchent à l’ontologie. Il y a un texte de Sartre, « La transcendance de l’ego », qui permettrait de mieux comprendre ses difficultés intérieures. J’ose espérer qu’on le lira et qu’on sera plus à même d’appréhender les déchirements existentiels d’une grande âme qu’on ne peut quand même pas laisser tomber comme ça, brutalement, dans les poubelles de l’histoire. Il faut disséquer tout cela, et le conserver précieusement dans le formol pour l’instruction des générations futures de la République.