@Jeussey de Sourcesûre
A propos de la rhétorique des sophistes :
Socrate dans « Gorgias » (506b-527e)
SOCRATE. « Ceux qui savent sont persuadés, comme ceux qui croient.
GORGIAS. J’en conviens.
SOCRATE. Veux-tu qu’en conséquence nous mettions deux espèces de persuasions, dont l’une produit la croyance sans la science, et l’autre la science.
GORGIAS. Sans doute.
SOCRATE. De ces deux persuasions, quelle est celle que la rhétorique opère dans les tribunaux et les autres assemblées, au sujet du juste et de l’injuste ? Est-ce celle d’où naît la croyance sans la science, ou celle qui engendre la science ?
GORGIAS. Il est évident, Socrate, que c’est celle d’où naît la croyance.
SOCRATE. La rhétorique, à ce qu’il paraît, est donc ouvrière de la persuasion qui fait croire, et non de celle qui fait savoir, relativement au juste et à l’injuste. »
(…) Gorgias : « Au contraire, on doit user de la rhétorique comme des autres exercices, selon les règles de la justice. »
Le sens absolu de la vérité chez Socrate :
(…) Socrate : « Mais quel est mon caractère ? Je suis de ces gens qui aiment qu’on les réfute, lorsqu’ils ne disent pas la vérité, qui aiment aussi à réfuter les autres, quand ils s’écartent du vrai, et qui, du reste, ne prennent pas moins de plaisir à se voir réfutés qu’à réfuter. Je tiens en effet pour un bien d’autant plus grand d’être réfuté... » (Gorgias)