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Accueil du site > Tribune Libre > La voie du Juste

La voie du Juste

Nous nous devons d’être justes mais comment y parvenir ? Nous nous le devons parce que c’est la dignité de l’homme et que cette dignité nous impose ce devoir.

Il faut une vraie philosophie du juste, pour une vraie civilisation. Une philosophie de ce type avait commencé à s’élaborer il y a quelques millénaires mais elle a été figée par les religions. Celles-ci ont fait main basse sur les questions morales et elles ont décidé définitivement ce qu’il fallait entendre par juste, injuste, bien et mal, moral et immoral. Cette dimension philosophique, la plus grande part de la philosophie peut-être, a été confisquée par les religieux, les dogmatiques. En s’accaparant cette recherche fondamentale, les religions ont mis un point d’arrêt à la quête philosophique des grands pionniers comme Confucius, Lao-Tseu, Solon, Pythagore, Socrate…Elles ont stoppé net dans sa course cette recherche légitime et fondamentale de l’Humanité. Elles nous ont privés du progrès vers le Juste, ne nous laissant à régler que les questions de la justice du droit et de la justice sociale.

Il faut une théorie du Juste parce que, au quotidien, nous n’agissons jamais de façon juste. Quand nous le faisons, c’est occasionnel. Pour être véritablement juste, il faut avoir construit tout une cohérence comme le firent Confucius et Socrate. Car le juste n’est pas le règlement des difficultés au cas par cas, c’est une cohérence, quelque chose de grand qui nous dépasse tous. Le juste, c’est dans la grandeur, une grandeur qui ressemble à la fois au bien, au vrai et au beau mais sans se réduire à aucune de ces catégories, sans se laisser définir ou confondre par elles. Le juste est une grandeur, une cohérence absolue. C’est une mise en harmonie qui n’a rien à voir avec le fait de juger ni avec la formation de nos opinions personnelles, si excellentes soient-elles. Le Juste est une musique enveloppante, qui s’accorde au-dessus de nos têtes, au-dessus de toutes les valeurs humaines, et qui aboutit toujours au Bien.

Pourtant, d’un point de vue strictement logique, les notions de juste et d’injuste ne sont qu’une sous-catégorie de la dualité du bon et du mauvais et de celle du vrai et du faux. En effet, tout ce qui est juste est bon, tout ce qui injuste est mauvais. Le juste et l’injuste forment donc une catégorie incluse dans l’ensemble qui oppose le bon au mauvais. Mais c’est aussi une sous-catégorie de la dualité formée par le vrai et le faux. En effet, comment ne pas voir que le bon et le mauvais sont des notions concrètes et universelles et que ces notions ne contiennent donc pas tout le juste et tout l’injuste. Ces deux idées sont spécifiques aux êtres humains, ou pour le dire prudemment de façon plus large : à tous les êtres pensants raisonnables. Elles n’ont pas de sens dans la nature et n’ont rien d’universel. Elles sont donc aussi des sous-catégories du vrai et du faux, deux notions bien humaines relatives et évolutives, créées par l’espèce humaine. On met du vrai dans le bon pour le rendre juste.

« Il nous faut être justes » signifie qu’il nous faut nous raccorder à quelque chose qui est plus grand que nous, nous brancher à cette grandeur, cette cohérence, cette musique qui s’accorde au-dessus de nos têtes. Faute d’avoir trouvé mieux, nous nous sommes arrêtés à l’idée de Dieu, idée autour de laquelle nous nous sommes mis d’accord en quelque sorte. Les formes de ce dieu pouvant varier selon les peuples et les époques. Mais avons-nous bien fait d’interrompre la recherche du Juste commencée avant l’ère chrétienne ?

Les idées que nous faisons du juste dans notre monde moderne sont très parcellaires, erronées, et teintées de diverses choses qui n’ont rien à voir avec le juste, comme notion pure. Nous déclarons juste ce sur quoi nous portons notre jugement personnel. Mais nos critères ne sont en rien comparables avec les lois que s’étaient fixées pour eux-mêmes les sages antiques comme Confucius ou Socrate. Nous déclarons juste ce qui est l’opposé de l’injuste. Or, l’injuste est, selon notre expérience, ce qui nous indigne et nous met en colère. Ce qui est épidermique est ainsi à la base de toutes nos définitions de la chose juste. Quant à nos critères, ils sont ceux du moment, nous en arrivons même à juger le passé avec nos valeurs – très relatives – de nos mœurs actuelles et de nos modes de l’instant. Tout un tas de parasitages vient fausser notre conception de la justice : et d’abord nos intérêts propres, notre empathie pour les êtres les plus proches, notre désir d’avoir raison, etc.

Il nous faut donc revenir à une théorie du Juste, qui relève d’une cohérence totale qui fonctionne pour tout. Et qui ne dépende en rien de notre subjectivité, de nos intérêts, de nos modes de vie et de pensée. Pour ce faire, il faut retourner à la période pré chrétienne et comprendre le sens profond des commandements et préceptes d’alors. Les deux principes qui étaient gravés, selon Socrate, sur le temple dédié à Apollon à Delphes, peuvent servir de base tout à fait utile : « connais-toi toi-même » et « rien de trop ».

Nous abordons là une étude qui exige d’aller au-delà d’un seul article. Ces propos doivent ainsi être vus comme une esquisse de l’étude du Juste, une introduction, une initiation à la question qui peut aussi être appelée une « discipline ». Donnons ces premières clés :

- le précepte « Connais-toi toi-même » nous dit « regarde-toi et sois indulgent envers l’autre », reconnais que les causes sont en toi, en un mot "sois responsable de toi". En effet, le sentiment d’injustice qui nous anime souvent nous conduit à rejeter la faute sur le sort, sur les dieux, sur les autres, sur la société ou un système. Parce que, à l'oppposé du juste, nous plaçons la faute. Or, nous ne voulons pas culpabiliser. Le précepte antique résonne comme un conseil de responsabilité et d’autonomie qui, la pluaprt du temps, ne crée pas de faute.

- Le second précepte de Delphes, moins connu est « rien de trop ». Il a deux sens : justice et justesse. La justesse, c’est « à chacun selon son dû » et rien de plus car tout ce qui en plus est en trop. Il s’exprime par exemple dans la loi du talion qui limite la vengeance : c’est « œil pour œil et dent pour dent », et pas davantage. Pour un œil percé, vous n’allez que crever l’œil du coupable, pas davantage. Le précepte est aussi lié à la théorie antique grecque du juste milieu, aux notions d’ordre, de civisme, de modération, des vertus cardinales d’Aristote, de l’idée de rectitude du jugement, de « voie droite » et d’« opinion juste » chères à Socrate.

Avant ce philosophe, le décalogue de Solon et les Vers Dorés attribués à Pythagore, entre autres, exprimaient déjà cette sagesse.

Une suite sera nécessaire à ce papier. En attendant, résumons-nous : nous devons à nous-mêmes d’être justes parce que la justice est la dignité humaine. Mais le Juste relève de quelque chose de grand auquel nous avons renoncé et qu’il nous faut retrouver. Le juste ne se réduit pas au sens moderne et quotidien que nous lui donnons, trop empreint de subjectivité, de relativité et d’influences de notre époque. Il s’agira de définir les moyens de retrouver la voie du Juste, cette grandeur qui nous appelle et que nous avons perdue de vue.

 


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32 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 octobre 17:01

    L’enseignement de Socrate ne portait ni sur le « juste » ni sur le « bien » comme vous l’affirmez, mais sur la recherche d’un discours vrai, qui ne varie pas en fonction de la subjectivité de chacun. En cela il s’opposait aux sophistes chez lesquels le discours avait une primauté sur l’être. 


    Les sophistes n’ont pas disparu, ils ont même proliféré et inventé la « communication », l’art de séduire et de convaincre.

    Les héritiers de Socrate, eux, se méfient de la cigüe, et ils sont très discrets en même temps que peu nombreux.

    • Taverne Taverne 6 octobre 17:24

      @Jeussey de Sourcesûre

      Certes, pas de juste sans vérité. Mais ne soyons pas si assurés de ce que disait Socrate dont les propos ont été retranscrits par Platon. Socrate, lui, n’a rien écrit. J’ai ma formule à propos de la démarche de Socrate qui avait ses lois et ne cédait pas aux circonstances : « constance est mieux que circonstances. » Cela me paraît bien résumer et, apparemment, personne encore n’a employé cette formule : copyright !


    • Christian Labrune Christian Labrune 6 octobre 17:38

      En cela il s’opposait aux sophistes chez lesquels le discours avait une primauté sur l’être.

      @Jeussey de Sourcesûre

      Je me disais bien, à relire votre dernier article, que les Gorgias et autres Euthydème de Chios devaient vous être extrêmement familiers. Je vous prie toutefois de ne rien voir de désobligeant dans cette remarque : Jacqueline de Romilly, dans son ouvrage sur les « Grands sophistes », prend bien soin de démolir l’idée toute faite qu’on a communément de ces antiques courtiers du savoir lorsqu’on s’en tient à une lecture trop rapide de quelques dialogues platoniciens.

      Je ne saurais trop vous approuver de rester toujours si « discret » dans vos articles. La peur de la ciguê peut être bonne conseillère ! Le mieux, sur ce site, c’est encore, comme vous le faites, de jeter aux chiens quelques os à ronger sur la voie publique et de les regarder se déchirer ensuite pour le minuscule bout de gras. Certes, c’est un peu cynique, mais je n’ai rien contre, et cela vaut tout de même mieux que la ciguë. Ce n’est pas Calliclès qui m’eût démenti.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 octobre 17:40

      @Taverne

      Platon n’est pas le disciple le plus fidèle ni le plus intéressant de Socrate.
      Aristophane, Xénophon, deux autres disciples et des sources indirectes comme Aristote sont des sources plus sûres.

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 octobre 17:47

      @Christian Labrune

      Je vous suis infiniment reconnaissant non seulement de lire, mais surtout de relire mes articles. Cette révélation flatte mon ego en deficit de reconnaissance et je vous serais reconnaissants de me faire parvenir d’autres signaux positifs pour contribuer à apaiser mes tourments.

      Dès que je sentirai que je risque de passer à la phase narcissique, je vous le ferai savoir afin que vous cessiez ces encensements (allitération).

    • Taverne Taverne 6 octobre 20:27

      @Jeussey de Sourcesûre

      A propos de la rhétorique des sophistes :

      Socrate dans « Gorgias » (506b-527e)

      SOCRATE. « Ceux qui savent sont persuadés, comme ceux qui croient.
      GORGIAS. J’en conviens.
      SOCRATE. Veux-tu qu’en conséquence nous mettions deux espèces de persuasions, dont l’une produit la croyance sans la science, et l’autre la science.
      GORGIAS. Sans doute.
      SOCRATE. De ces deux persuasions, quelle est celle que la rhétorique opère dans les tribunaux et les autres assemblées, au sujet du juste et de l’injuste ? Est-ce celle d’où naît la croyance sans la science, ou celle qui engendre la science ?
      GORGIAS. Il est évident, Socrate, que c’est celle d’où naît la croyance.
      SOCRATE. La rhétorique, à ce qu’il paraît, est donc ouvrière de la persuasion qui fait croire, et non de celle qui fait savoir, relativement au juste et à l’injuste. »

      (…) Gorgias : « Au contraire, on doit user de la rhétorique comme des autres exercices, selon les règles de la justice. »

      Le sens absolu de la vérité chez Socrate :

      (…) Socrate : « Mais quel est mon caractère ? Je suis de ces gens qui aiment qu’on les réfute, lorsqu’ils ne disent pas la vérité, qui aiment aussi à réfuter les autres, quand ils s’écartent du vrai, et qui, du reste, ne prennent pas moins de plaisir à se voir réfutés qu’à réfuter. Je tiens en effet pour un bien d’autant plus grand d’être réfuté... » (Gorgias)


    • Taverne Taverne 6 octobre 20:33

      Encore une petite formule personnelle : « la langue des sophistes est la sophistication ». smiley


    • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 7 octobre 09:41

      @Taverne

      Bonjour, non ce n’est la « sophistication », c’est la menterie érigée en grand art des mots !


    • Taverne Taverne 7 octobre 10:50

      @Nicole Cheverney

      Oui, « communiquons » c’est "commu - niquons !

      Sophisticated lady, par Ella Fitzgerald. Voilà du sophistiqué qui parle vrai !


    • Christian Labrune Christian Labrune 7 octobre 11:33

      Cette révélation flatte mon ego en deficit de reconnaissance et je vous serais reconnaissants de me faire parvenir d’autres signaux positifs pour contribuer à apaiser mes tourments.
      -------------------------------------------------------------------------
      @Jeussey de Sourcesûre
      Je n’avais, croyez-le bien, aucune intention de vous « encenser », et je crains que vous ne vous mépreniez tout à fait sur mes objectfs !

      Comme Socrate, j’aime infiniment la polémique, petite guerre des idées qui n’a jamais fait de mal à personne et où tout le monde est gagnant, même celui qui mord la poussière au terme d’un affrontement où la seule logique doit prévaloir. Taverne, plus haut, cite un propos de Socrate affirmant qu’il est bien aise qu’on lui fasse voir ses erreurs lorsqu’il en commet, et il ne s’en estime pas mortifié pour autant. De l’égo que vous évoquez et de ses contorsions il n’a cure, et c’est bien le moins quand on veut être philosophe.

      Toute discussion visant au dévoilement de la vérité ressemble un peu à un procès. Comme il n’était pas certain que vous me répondriez, et qu’il m’eût été désagréable, en l’absence de l’accusé, d’avoir le dernier mot, je prenais soin seulement, en honnête magistrat, d’instruire votre procès, comme on dit, à charge et à décharge. Quiconque me lisant voyait clairement et distinctement le schéma dont n’importe quel avocat eût pu s’inspirer pour votre défense.


    • Zolko Zolko 9 octobre 15:15

      @Christian Labrune : « Comme Socrate, j’aime infiniment la polémique, petite guerre des idées »
       
      et vous le faites fort bien.
       
      « Certes, c’est un peu cynique »
       
      Socrate lui-même ne se définissait-il pas comme un cynique, qui semblait être une profession à l’époque ?


    • C’est assez simple. La voie du juste est la juste voie. l’autre ne mène nulle part.


      • Christian Labrune Christian Labrune 6 octobre 17:46

        C’est assez simple. La voie du juste est la juste voie. l’autre ne mène nulle part.

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        Ah ! les Holzwege, maintenant ! A lire vos buissonnantes interventions, auxquelles, en général, je ne comprends pas grand chose, je me disais bien que vous deviez être forcément heideggerienne en diable !


      • pallas 6 octobre 18:13
        Taverne

        Décidément vous cherchez à devenir une saint apôtre. L’espoir n’existe pas en ce monde, ça n’a jamais existé.

        Voyez l’état de La France, une nation totalement ruiné, qui n’a absolument aucuns avenirs.

        Vous etes un être obséquieux.

        Salut


        • Taverne Taverne 7 octobre 12:50

          @pallas

          Il s’agit de la « voie » du juste et non de la « voix » du juste, parce que le Juste est une chose qui est au-dessus de tous les êtres humains. Le Juste ne peut pas être personnifié et par conséquent il n’a pas d’apôtre.

          Je ne partage pas votre point de vue défaitiste sur l’état de la France.


        • BA 6 octobre 18:25

          A propos de la ministre des Armées Florence Parly :


          Pendant que la SNCF touchait le fond, la ministre Florence Parly y gagnait 52 569 euros mensuels.


          La dette de la SNCF s’élève aujourd’hui à 42 milliards d’euros... et pourrait atteindre les 63 milliards en 2026. Cela n’empêche pas l’entreprise ferroviaire de payer grassement ses cadres dirigeants. Sur les six premiers mois de 2017, la discrète ministre des Armées, Florence Parly, a en effet reçu pas moins de 52.569 euros net mensuels, soit 315.418 euros, de la part de l’entreprise publique, dont elle était directrice générale chargée de SNCF Voyageurs, la branche dédiée aux trajets de longue distance. L’équivalent de 35 Smic.


          https://www.marianne.net/politique/pendant-que-la-sncf-touchait-le-fond-la-ministre-florence-parly-y-gagnait-52000-euros


          « Un raz-de-marée de la misère »  : le président du Secours populaire particulièrement touché par les retraités qui demandent à manger.


          En marge de la manifestation des retraités contre la hausse de la CSG, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, a témoigné jeudi 28 septembre sur franceinfo du « drame » des personnes âgées touchées par la pauvreté. Celui qui le touche « le plus ».


          "Le nombre de personnes âgées qui viennent demander de l’aide au Secours populaire français est en augmentation croissante, a-t-il détaillé. L’année dernière, nous avons aidé trois millions de personnes en France et il y avait parmi elles de nombreux retraités. C’est un raz-de-marée de la misère."


          « C’est le drame qui me touche le plus, voir des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui viennent demander à manger au Secours populaire, c’est vraiment douloureux. »


          Julien Lauprêtre a également pointé « le drame de l’accès aux soins » qui est « difficile ».


          "Nous avons créé « les médecins du Secours populaire ». Nous avons passé un partenariat avec l’Ordre national des médecins pour essayer de soigner les personnes qui n’ont pas les moyens de le faire", a-t-il expliqué. 

          http://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/un-raz-de-maree-de-la-misere-le-president-du-secours-populaire-particulierement-touche-par-les-retraites-qui-demandent-a-manger_2393236.html


          • genrehumain 6 octobre 18:29

            Tablette du juste ( Baha’u’llah 1817-1892

            )
            Sois généreux dans la prospérité,

            et dans l’adversité ne cesse de rendre grâces.

            Mérite la confiance de ton prochain,
            et ne lui montre jamais qu’un visage amical et souriant.

            Sois le trésor du pauvre, admoneste le riche,
            réponds à la plainte du nécessiteux
            et garde la sainteté de tes promesses.

            Sois équitable en ton jugement
            et réservé dans tes paroles.

            Ne sois injuste envers personne,
            et montre à tous une douceur parfaite.

            Sois une lampe pour ceux qui marchent dans les ténèbres,
            une consolation pour les affligés,
            une mer pour ceux qui ont soif,
            un refuge pour ceux qui sont dans la détresse,
            un soutien et un défenseur des victimes de l’oppression.

            Que la droiture et l’intégrité marquent tous tes actes.

            Sois un foyer pour l’étranger,
            un baume pour ceux qui souffrent,
            une forteresse pour les fugitifs,
            des yeux pour les aveugles, un phare pour les égarés.

            Sois une parure pour le visage de la vérité,
            une couronne sur le front de la fidélité,
            un pilier du temple de la rectitude,
            un souffle de vie pour le corps de l’humanité,
            un drapeau des armées de la justice,
            un flambeau qui brille à l’horizon de la vertu,
            une rosée pour le sol desséché du coeur humain,
            une arche sur l’océan de la connaissance,
            un soleil dans le ciel de la bonté,
            une gemme au diadème de la sagesse,
            une lumière qui brille au firmament de ta génération,
            un fruit de l’arbre d’humilité.



            •  Les derniers mots de Socrate sur le point de mourrir a été « Je dois un coq à Asclépios ».


              • @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                On ne meurt paraît-il qu’une fois : mourir. 

              • Ecométa Ecométa 8 octobre 11:19

                Être juste c’est, et ceci en toute circonstance, en toute chose, ne pas faire à l’autre, aux autres, ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse !
                 
                En ce qui concerne le sophisme et le cynisme, les sophistes et les cyniques sont les grands vainqueurs de cette époque « moderne » au « modernisme », paroxysme de modernité et plus simple modernité. Il n’y a rien de plus sophiste et de plus cynique que cette civilisation positivo technoscientiste, véritable imposture intellectuelle, du « comment sans le pourquoi ».
                 
                Nous avons créé une civilisation des mots en « isme » qui cultive le paroxysme, qui consacre la chose pour la chose et la chose imbécile. Comme l’économie pour l’économie et l’économisme, la politique pour la politique et le politisme, la science pour la science et le scientisme, l’individu pour l’individu et l’individualisme, la liberté économique pour la liberté économique et le libéralisme économique, le capital pour e capital et le capitalisme. Une civilisation des mots en « isme » qui abuse tout en poussant le moyen (le moyen pour le moyen) au-delà de ses limites : qui abuse la « Nature » et les « états de nature » dont la nature humaine !
                 
                Une civilisation juste serait une civilisation cultivant l’entendement en lieu et place de l’opposition dichotomique, la raison raisonnable en lieu et place du rationalisme, la complémentarité en lieu et place de l’individualisme méthodologique !

                Epiphénoménologique dans ses approches et paroxysmique dans ses applications, confinant à la « paranoïaque » et à la « schizophrénique », ce monde moderne au modernisme, paroxysme de modernité et plus simple modernité, est « savamment » et « délibérément » malade !
                  
                Un autre savoir et une autre culture s’imposent ! Que tout ceci soit bien plus ouvert sur le principe d’humanité que sur le technoscientisme, sur les valeurs de la République et de la démocratie que sur le libéralisme économique.

                Plus directement dit : s’impose un savoir et une culture plus juste, tout simplement moins sophiste et moins cynique !


                • Taverne Taverne 9 octobre 00:25

                  @Ecométa

                  Dans la suite, j’aurai l’occasion de montrer la différence entre réciprocité et mutualisation  :

                  Le principe « ne pas faire à l’autre, aux autres, ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse ! » relève de la réciprocité. Quand Darwin écrit : « Faire du bien aux autres – faire aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent – est la première pierre de moralité. » (Darwin, La Filiation de l’homme 1871), il est question d’une chose plus large que la réciprocité : la mutualisation de règles de conduites morales (mutuel = plus de deux personnes = le groupe, la société).

                  Votre vœu d’une culture plus juste, d’une économie plus juste (etc.) fait l’unanimité. Là où cela pêche, c’est que chacun a sa propre idée du juste. C’est ce que j’expliquerai aussi dans la suite et je montrerai comment il est possible de mutualiser davantage l’idée de la justice par l’esprit de géométrie (au sens pascalien) : en gros, la conception individuelle du juste est trop liée à l’émotion, une conception fondée davantage sur les règles est souhaitable. Seul cet esprit de géométrie peut élever l’idée du juste et en faire une valeur plus partagée.


                • Ecométa Ecométa 9 octobre 09:48

                  @Taverne

                  « Il est question d’une chose plus large que la réciprocité : la mutualisation de règles de conduites morales (mutuel = plus de deux personnes = le groupe, la société) ».

                  Entièrement d’accord, la réciprocité comme première pierre de la morale. D’accord sur la mutualisation, car le tout est plus, et même bien plus que la simple somme de ses parties. On peut se référer là au principe cognitif de Pascal, « Toute chose étant… ». On peut aussi se référer au « holisme », encore que les mots en « isme » me posent problème, et que je luis préfère la « totalité », ou mieux « globalité » qui représente un « état », un « état de nature ». Les parties sont importantes mais la globalité l’est tout autant et, on ne peut les dissocier sauf à faire preuve d’un manque total d’intégrité intellectuelle confinant à la bêtise humaine et en ce moment elle est manifeste. A l’évidence, l’époque, hélas, ne s’en prive pas avec l’a méthodologie dite de l’ « individualisme méthodologique », de la science cartésienne, dit aussi « atomisme » qui réduit la globalité pour pouvoir mieux exploiter la seule partie et la porter à l’abus d’usage, à son paroxysme.
                   
                  Définir le « juste » (trop abstrait)me semble tout bonnement impossible, par contre « être juste », se « comporter justement », en référence à l’individu seul, ou, et en société, (plus concret) me semble plus réaliste.
                   
                  De la globalité (état de nature), au globalisme (doctrine paroxysmique consistant à globaliser en fonction d’une seule partie car considérée comme la plus importante … à tort), à la globalisation (état d’action en fonction de ce réductionnisme ci-avant doctrinal.

                  Prendre en compte la globalité et faire de la globalisation ne relève pas de la même logique. L’une est ouverte quand l’autre est, d’un point de vue exclusivement doctrinal, hermétiquement fermée.
                   
                  Il faut en finir avec le rationalisme cartésien, au moins appliquer à l’humain, pour aller vers la théorie des ensembles, vers la systémie, même mieux, vers l’écosystémie afin d’éviter l’écueil rationaliste du système pour le système. Je suis un pascalien convaincu !

                  Le rationalisme cartésien doit être passé au crible des "acquits intellectuels du 20 è siècle (Théorèmes : d’incomplétude, d’incertitude et d’impossibilité) ,issus de la physique quantique pour les deux premiers.


                • Taverne Taverne 9 octobre 10:22

                  @Ecométa

                  C’est ce que je vais aussi mettre dans le prochain article : vous lisez dans mes pensées ? En parlant de pensées... Voltaire reprend une pensée de Pascal dans ses lettres philosophiques (la n°25) : LIV. « Si l’homme commençait par s’étudier lui-même, il verrait combien il est incapable de passer outre. Comment se pourrait-il faire qu’une partie connût le tout ? » Et il en va ainsi aussi pour la notion du juste : personne ne peut prétendre à lui seul décidé ce qui est juste. Et il serait très étonné d’entendre les opinions des autres s’il prenait le temps de les écouter.

                  D’où la nécessité de recourir à « l’esprit de géométrie » (comme dit Pascal) qui est général, l’individu doit renoncer à une partie de lui-même (sa liberté de juger en toutes circonstances selon ses critères personnels) pour se soumettre au « juste » supérieur et général, comme « tu ne tueras point », commandement absolu qui ne cède à aucune exception individuelle. Or, il se trouve toujours des esprits qui légitiment certains meurtres selon leurs critères personnels. Là-dessus la loi doit rester ferme et appliquer cette règle dans toute sa force (sauf cas avéré de légitime défense ou euthanasie légale ou avortement légal...).

                  Car, chacun croit toujours être dans le juste, mais mettez six personnes devant une scène de film ou de procès et demandez leur ensuite de juger les personnages et vous serez toujours surpris des différences inconciliables des points de vue. Untel dira que X est dans son droit et qu’il a parfaitement raison, un autre défendra Y becs et ongles. Parce que chacun juge avec son « esprit de finesse » (dit Pascal) c’est-à-dire par la raison qui est guidée par le coeur.

                  L’esprit de géométrie est au-dessus des particularismes, de l’individualisme, et des émotions.

                  Le problème, c’est que notre société favorise à l’extrême l’individualisme et la foi en ses émotions (voir la publicité et les émissions de télé réalité). L’émotion est supposée exprimée la vérité. Ce qui n’est vrai qu’en partie : notre partie qui n’est pas le tout.


                • Taverne Taverne 9 octobre 10:27

                  Désolé pour les fautes...

                  Vous écrivez : « Définir le « juste » (trop abstrait) me semble tout bonnement impossible ». Je vais démontrer que ce n’est pas tout-à-fait impossible. D’abord, il faut abstraire l’idée du juste de l’individualisme et des émotions particulières, ensuite il faut le dissocier des religions, et enfin il faut revenir aux sages préceptes antiques qui expriment à eux seuls presque tout et y ajouter une touche finale d’« esprit de géométrie ».


                • Crab2 9 octobre 11:29

                  Dans une démocratie, la diversité multiculturelle ne fait pas force loi, c’est une question d’honneur ;
                  à l’esprit, ainsi qu’à la lettre, le code civil de notre pays n’érige pas en « Droit », à l’encontre des valeurs républicaines, la prééminence du relativisme multiculturel qui incarne l’abaissement du statut des femmes dans toutes les «  cultures  » dites traditionnelles fortement impactées par des religions plus politiques et sociétales, à l’image du coran, que réellement préoccupées de spiritualité ;
                  aussi, dans notre pays, « Les Droits Humains » sont en l’occurrence insécables des " Droits de la Femme et de la Citoyenne " - Suites  :

                  https://laicite-moderne.blogspot.fr/2017/10/memoires-facebook.html


                  • Taverne Taverne 9 octobre 12:53

                    @Crab2

                    Absolument, nous avons le devoir de sauver l’intégrité de nos principes qui ne doivent pas être laissés à la « corruption » (sens kantien (1)) du relativisme culturel, de la mollesse des mœurs, ou du laxisme de ceux qui sont en charge de faire respecter les lois et principes supérieurs.

                    (1) Pour kant, un impératif catégorique, pour garder sa force universelle et absolue, ne doit pas être corrompu par l’empirisme, sans quoi l’absolu est corrompu ou « altéré » par le relatif.

                    On trouvait déjà cette idée chez Socrate : La règle selon laquelle un verdict doit être appliqué constitue le fondement de tout le système des lois. Par suite, quiconque cherche à violer cette règle cherche à détruire tout le système des lois. Les lois ne tolèrent que deux comportements à leur égard : l’obéissance ou la persuasion. Les lois en personne sont les experts qui s’y connaissent en matière de justice et d’injustice, et dont l’opinion doit être prise en considération.


                  • Zolko Zolko 9 octobre 15:18

                    @Taverne : « ...juste, injuste, bien et mal, moral et immoral. Cette dimension philosophique... »
                     
                    je ne pense pas que la philosophie s’occupe du bien et du mal. Je pense même qu’elle se l’interdit expressément, et laisse ça à la religion.


                    • Comme sa mère, Socrate pratiquait avant tout la maïeutique. https://www.youtube.com/watch?v=6tndytTqloo.&nbsp ;L’être humain consacre toute sa vie à ciseler la clé du Paradis dont il fut expulsé. Certains le savent et la majorité l’ignore.


                      • C’est la différence avec la bonne heure et le mal heurt. Celui qui accepte son destin sera toujours heureux, quoi qu’il arrive. Il est Saint (ou sein) Chrone.


                        • PLUTO : C’est la différence entre la bonne heure et le mal heurt. 


                          • La numérologie relationnellePar Philippe de Louvigny

                            • Le Grand Livre de l’Histoire Des HommesPar florent arnaud

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