@JMBerniolles : Droite, extrême droite, fausse gauche ; Trump, Merkel, Macron, Valls et tous les valets de la monarchie franquiste que vous soutenez ici, unis contre le droit à décider de son sort pour le peuple catalan...
Pour les curieux et puisque le Npa est ici attaqué, voici ce que dit l’extrême gauche catalane, qui occupe une position clé, du processus pour l’indépendance... Mieux que les âneries qu’on peut lire ici ou là et à lire pour comprendre la situation politique en Catalogne :
Issue des milieux libertaires et
antifascistes, Anna Gabriel est aujourd’hui députée au parlement catalan
pour la formation indépendantiste de gauche CUP (Candidature d’unité
populaire), qui joue un rôle-clé dans le processus d’indépendance de la
Catalogne. Nous avons parlé de libération nationale, de municipalisme et
de perspectives émancipatrices autour d’un café.
Aux
élections autonomes catalanes de septembre 2015, Junts pel Sí, alliance
de plusieurs formations indépendantistes, n’a pas eu de majorité
absolue, faisant de la CUP, avec 8 % des suffrages, le « faiseur de roi
». Vous avez bataillé pendant trois mois pour éviter qu’Artur Mas ne
redevienne le président du gouvernement catalan — avec succès. Une façon
de mettre la question sociale au centre des enjeux ?
Oui, mais pas seulement. Artur Mas était une personne qui faisait
encore le lien avec un passé autonomiste d’un parti politique, CiU
(Convergència i Unió), qui a toujours servi à la gouvernabilité de
l’État — que ce soit en tolérant le Parti populaire (PP) ou le Parti
socialiste (PSOE) au gouvernement. Je crois que dans la mémoire de
beaucoup de gens, on se demandait si ce nouvel indépendantisme affiché
d’Artur Mas était honnête, ou si c’était une façon de survivre
politiquement. Il y avait aussi la question de la corruption. Son parti a été condamné dans plusieurs scandales et il
semble peu crédible que lui-même n’ait eu aucun lien avec cela. Lors
des négociations avec Junts pel Sí, on a mis plusieurs alternatives sur la table, mais on se retrouvait face à une attitude de fermeture totale. Après trois mois de discussions très intenses, on a réussi à obtenir un autre candidat.
Face au refus de Junts pel Sí
de se reporter sur un autre candidat, vous avez laissé votre base
décider de la marche à suivre — avec un résultat surprenant : 1 515 voix
pour un gouvernement d’Artur Mas, 1 515 voix contre.
On continue d’être une organisation « assembléaire » et ce type de
décisions très importantes est pris par la base. Une grande pression
médiatique reposait sur nous, tout à coup ; on était au centre de
l’attention. Nous n’avions pas d’autres
options que de débattre et de demander aux membres de choisir. On est
arrivés ainsi à une assemblée de plus de 3 000 personnes, très
tendues et très fatiguées, pour obtenir à la fin ce résultat — que nous
avons qualifié par la suite de « poésie politique ». Avec ce coup
de force, deux jours avant la fin de la période de formation d’un
gouvernement, Junts pel Sí a fait marche arrière et a proposé Carles Puigdemont en tant que président. Je pense que cela démontre qu’on peut aussi faire de la politique sans oublier
que la souveraineté de notre organisation politique repose sur les
militants. D’ailleurs, nous, les députés, n’avons pas voté ni donné de
consigne de vote : nous avons démontré que malgré la pression, on peut
rester fidèle à soi-même. Je pense que sur le plan politique, c’est une expérience très intéressante.
On a l’impression que depuis cette élection, le processus enclenché depuis quelques années est un peu encombré…
« On continue d’être une organisation « assembléaire » et ce type de décisions très importantes est pris par la base. »
Je crois que c’est surtout dû au fait
que Junts pel Sí avait un programme politique qui était pensé pour
gagner. Leur feuille de route était : remporter la victoire avec une
majorité absolue, puis, pendant 18 mois, commencer à construire les
structures d’un État, avant de déclarer l’indépendance de façon
unilatérale. Comme si tout allait être aussi facile ! Comme si faire une
déclaration d’indépendance à l’État espagnol — pas un État qui a des
fondements démocratiques, non, on parle de l’État espagnol — allait être
facile ! C’est sûr qu’il y avait, à ce moment-là, une vraie dynamique
en faveur de l’indépendance, mais il nous semblait clair que la victoire
allait être vraiment difficile à obtenir. Et plus encore avec un
résultat comme celui des élections de 2015. C’est vrai qu’il y a eu,
après ces élections, une majorité de députés indépendantistes, mais les
partis indépendantistes n’avaient pas eu plus de 50 % des suffrages. En
même temps, on savait qu’il n’allait pas y avoir la possibilité de
négocier avec l’État espagnol ; la seule option pour nous était de remettre l’idée d’un référendum au centre de l’agenda politique.
Avec succès ?
Junts pel Sí a accepté notre
initiative, et maintenant, nous militons pour que ce référendum se
déroule au plus tard en septembre. Le problème, c’est que l’État
espagnol refuse catégoriquement. Cela implique donc de le convoquer et
de le tenir contre son gré sachant qu’il n’hésitera pas à engager des
poursuites judiciaires contre les personnes impliquées. Il faut
s’attendre à ces conséquences, et être prêts à payer ce prix. Nous, on
le sait et on est prêts.
Quelles suites judiciaires la tenue d’un référendum pourrait-elle avoir pour les politiciens impliqués ?
On ne le sait pas réellement. Tous les conseillers du gouvernement,
ainsi que la présidente et le bureau du Parlement catalan, ont reçu une
injonction de la Cour constitutionnelle les menaçant de sanctions
pénales. Ces sanctions pénales peuvent aller de l’interdiction d’exercer
des fonctions d’élu à des amendes ou des peines de prison.
à suivre...