Robin Guilloux,
Votre article est fort intéressant et donne vraiment envie de se replonger dans Spinoza même si, comme le faisait remarquer Ferdinand Alquié, personne, semble-t-il, n’est jamais arrivé par ce moyen-là à la « béatitude » promise par l’Ethique.
Je suis en ce moment dans la lecture de l’énorme pavé (plus de sept cents pages !) que constitue le bouquin de Stéphane Doméracki : Heidegger et sa solution finale. Je n’en aurai pas fini demain avec cet éreintage que j’espère définitif du philosophe nazi, mais après cela, je lirai peut-être bien le bouquin de Lenoir.
J’ai quand même eu toujours beaucoup de mal à lire Spinoza et je n’ai jamais vraiment compris qu’on pût s’enthousiasmer. En refermant le livre, je suis toujours dans un certain état de tristesse, comme après l’accomplissement d’un devoir pénible que je me serais imposé. La rigueur très factice du more geometrico dans l’Ethique fait contraste avec la constante ironie d’un Descartes, lequel était pourtant bien plus sérieusement géomètre. C’est qu’il ne devait pas rire tous les jours, ce cher Spinoza !
Bref, si on aime Descartes, comme c’est mon cas, on a forcément des réticences concernant l’autre, et inversement. C’est sans doute un lieu commun de dire cela, mais qui correspond bien à la réalité. En tout cas, je ne pourrai jamais adhérer à cette conception très restrictive de la liberté qui caractérise le spinozisme.