Bonjour,
D’où vient l’idée
du Messie, du millénarisme et de la fin des temps ?
Deux ou trois siècles avant le
début de notre Ère, la philosophie de l’homme qui avait étouffé toute la
science de la Femme avait fait naître un tel malaise dans les esprits que
partout on attendait un retour à la raison primitive.
La résurrection de la Femme,
qu’on espérait, devait faire cesser la domination de l’homme perverti. C’est en
ce sens qu’on annonçait « la fin du monde » ; on entendait par là un changement
de régime social.
Plutarque nous apprend que, au
moment où Marius, annonçant les Césars, s’apprêtait à bouleverser la
constitution romaine, les haruspices d’Etrurie avaient été consultés sur divers
prodiges.
Dans Ovide, il est dit : « Toute
race vivante sera renouvelée et le ciel donnera à la terre une humanité née
sous de meilleurs auspices et qui ignorera le crime. Mais celle-là non plus ne
conservera pas longtemps son innocence et elle doit la perdre en vieillissant. »
Tous les auteurs du temps étaient
hantés de la même idée.
Lucrèce annonce la fin du monde
comme prochaine.
Sénèque en dit autant, et il
annonce que cette humanité condamnée va faire place à une autre plus innocente
et plus heureuse, du moins pour un temps.
Virgile annonçait une ère de paix
et de félicité à laquelle devait présider un « fils des Dieux », c’est-à-dire
un régénérateur béni par eux dès sa naissance, qui établirait la paix
universelle et avec qui naîtrait et grandirait l’âge d’or.
Qui sera ce sauveur ?
Du temps des Eglogues, c’était « le premier enfant venu de noble race à qui
il plaisait à un poète de prédire une belle destinée ». Puis, du temps des
Géorgiques, ce fut Octave. « Ah ! Que ce noble jeune homme vienne enfin au
secours du monde détruit ! Ne lui refusez pas cette gloire. »
Le Sunnite croit que son Mahdi,
prophète inspiré, doit vaincre l’Antéchrist, et fonder l’empire universel.
Le Chiite continue à croire à
l’incarnation future de l’Imam.
Les femmes s’en mêlaient ; des
inspirées vivaient dans une exaltation prophétique qui dura pendant toute la
crise religieuse qui enfanta le Christianisme.
Rome était pleine de gens qui
prophétisaient. On attendait la fin de la terre, soit par le feu (fin
physique), soit par un déluge suivi d’une régénération.
Les Oracles sibyllins avaient
annoncé un temps de destruction et de ruine et ce sont eux qui avaient dit la
vérité.
Les métaphores par lesquelles on
avait annoncé la fin du monde avaient été mal interprétées. Ainsi, quand les
prophètes avaient dit que les fondements de la terre allaient s’ébranler, cela
s’appliquait aux institutions sociales qui allaient être attaquées et
détruites, et non au globe terrestre et à ses conditions physiques.
Quand ils avaient dit que le
soleil, la lune et les étoiles allaient s’obscurcir et s’éteindre, cela se
rapportait aux lumières de l’intelligence comparées aux astres du ciel et qui
(suivant l’expression antique) allaient être mises sous le boisseau par l’homme
pervers.
Toutes les métaphores annonçaient
le renversement du « monde intellectuel » et le règne de la brutalité.
Ainsi, quand Isaïe dit,
apostrophant Babylone : « Brillante étoile, comment es-tu tombée du ciel ?
», elle fait une allusion à la ruine du règne de l’Esprit féminin en Chaldée.
Ce style était celui de l’époque.
Cérinthe, Juif d’Antioche, avait
inventé le millénarisme ; il annonçait la fin prochaine du monde et le retour
du Christ sur la terre, pour y exercer sur les justes un règne temporel de
mille ans, pendant lequel les saints jouiraient ici-bas de toutes les voluptés
sensuelles.
À suivre…
Cordialement.