Quelle fiabilité accorder aux témoignages : comme dans Douze Hommes en Colère.
Sinopsis :
Un huis clos
entre les jurés du procès d’un adolescent noir de seize ans accusé
d’avoir poignardé son père. S’ils rendent le verdict « coupable », plus
rien ne s’opposera à la peine de mort. Tout accuse le suspect : la voisine d’en face l’a vu, le vieil homme
du dessous l’a entendu, un commerçant lui a vendu le soir même du
meurtre le couteau que l’on a retrouvé dans le corps de son père.
Pourtant lors du vote qui doit décider du verdict final, un juré ne lève
pas la main pour le désigner coupable. Sa raison : « il n’est pas
sûr ». L’unanimité étant requise, ont lieu deux heures de débat où
chacun prend une position qui ne cesse de changer au rythme des
arguments qui apparaissent, des révélations qui se font, des faits
établis qui se désagrègent.
Spoil :
Aux États-Unis, un jury de douze hommes doit statuer, à l’unanimité, sur le sort d’un jeune homme accusé de parricide. S’il est jugé coupable, c’est la chaise électrique qui l’attend.
Onze jurés le pensent coupable. Seul le juré no 8,
un architecte, n’est pas certain de la culpabilité de l’accusé et fait
part de sérieux doutes. Il les expose les uns après les autres. Des
failles existent dans l’enquête, comme le couteau qui a été utilisé.
Selon les enquêteurs c’était une pièce unique alors que ce couteau à
cran d’arrêt est trouvable pour six dollars dans une boutique de prêt
sur gages.
Après une discussion de quelques minutes, le juré no 8
propose un nouveau vote en secret sans qu’il y prenne part et propose
que si tous votent coupable il se rangera à la décision majoritaire.
Dans le cas contraire, ils discuteront de l’affaire. Le juré no 9
vote non-coupable car il comprend les doutes exprimés et lors du
premier vote a semblé être emporté par le vote des 10 autres jurés qui
ont voté coupable.
Le débat arrive ensuite sur le témoin auditif qui dit avoir entendu
le corps tomber et le garçon crier : « Je vais te tuer », alors que le
bruit du métro ne permettait pas d’entendre. Le juré no 5 change d’avis et vote non coupable bien que le juré no 3 ait fait pression sur lui de manière agressive auparavant.
Le juré no 11,
qui avait déjà des doutes, interroge l’assemblée sur la pertinence
d’expliquer par la simple panique le fait que le garçon ait laissé son
couteau sur les lieux du crime. En effet, il n’y a pas d’empreintes sur
le couteau, dont le manche a été essuyé. Cela voudrait donc dire que,
paniqué, il essuie le manche de son couteau, et le laisse sur les lieux.
Ce qui semble peu crédible. Un nouveau vote est décidé autour duquel,
après une hésitation, le juré no 11 vote non-coupable.
Le débat se prolonge à nouveau sur le témoin auditif qui dit
également avoir vu le garçon s’enfuir après le crime. Pourtant, lorsque
le juré no 8 fait
une reconstitution du trajet entre le lit du vieillard et sa porte, il
s’avère que le temps est beaucoup plus long en réalité que celui établi
dans le témoignage. Le juré no 3 perd son calme et veut s’en prendre physiquement au juré no 8
en lui disant qu’il va le tuer, ce qui démontre que cette phrase peut
être prononcée sans vouloir passer à l’acte. Deux jurés, les no 2 et no 6, changent leur vote et sont en faveur de la non-culpabilité.
Le débat se poursuit ensuite sur l’attitude de l’accusé qui est
revenu chez lui trois heures après le crime et qui s’est fait
interpeller, les jurés partisans de la non-culpabilité démontrent que
l’accusé n’aurait pu agir ainsi s’il avait réellement commis le crime.
Vient ensuite la façon dont l’arme a été utilisée ; l’accusé savait apparemment bien s’en servir. Pourtant, le juré no 5
démontre que l’arme du crime a été employée d’une façon maladroite car
il sait comment les jeunes manipulent ce type d’arme dans le quartier où
a eu lieu le meurtre. Trois nouveaux jurés changent d’avis et votent
« non-coupable ». Il ne reste que trois jurés à retourner pour obtenir
l’unanimité et prononcer le verdict : le juré no 3 maintient vigoureusement son accusation contre le jeune homme et veut son exécution rapide, le juré no 10
explique que l’accusé vient d’un quartier pauvre et donc qu’on ne peut
lui faire confiance, et tente de convaincre les autres qu’il a raison,
utilisant des arguments ouvertement racistes, mais plus personne ne
l’écoute et tous lui tournent le dos pour montrer leur désapprobation.
Le juré no 4 se fie au témoignage oculaire d’une femme qui dit avoir vu le crime. Pourtant, le juré no 9
a remarqué qu’elle avait lors de l’audience des traces sur le haut du
nez, démontrant qu’elle porte des lunettes, or, elle disait s’être
couchée et être dans son lit au moment où le crime s’est produit, donc
qu’elle ne devait pas les porter, et donc qu’il y a un doute sur le fait
qu’elle ait pu voir nettement la scène.
Les jurés no 4 et no 10 votent non-coupable. Le juré no 3,
isolé, tente de défendre sa position mais face au silence réprobateur
des onze autres jurés, il éclate en sanglots et l’on s’aperçoit que
c’est son conflit avec son propre fils qu’il projetait dans cette
affaire.
Le scénario du film sert de révélateur des motivations et des
préjugés d’hommes issus de milieux différents.
Le verdict final est la
non-culpabilité et les jurés sortent du tribunal.