@amiaplacidus
Attali n’est pas ma tasse de thé. Mais pour qu’Agoravox ne perde pas un procès en diffamation que pourrait lui intenter Attali (il en a intenté - et gagné - pour exactement les mêmes déformations de ses propos), voici les pensées de ce personnage :
« Mais dès qu’on dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société.
D’où je crois que dans la logique même de la société industrielle,
l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire
en sorte qu’à l’intérieur même d’une durée de vie déterminée, l’homme
vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé
seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la
collectivité.
Alors apparait un nouveau critère d’espérance de vie : celui de la
valeur d’un système de santé, fonction non pas de l’allongement de
l’espérance de vie mais du nombre d’années sans maladie et
particulièrement sans hospitalisation.
En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que
la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore
progressivement.
C’est parfaitement clair si l’on se rappelle que les deux tiers des
dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie.
De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n’atteindraient
pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si les
individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture.
Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans
l’augmentation de l’espérance de vie mis dans celle de la durée de vie
sans maladie. (...)
L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures.
Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose
comme suit : la logique socialiste c’est la liberté et la liberté
fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide
direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.
Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui
permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportable ou
économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique
courante.
Je pense donc que l’euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou
une marchandise, sera une des règles de la société future. »