Ce que le rapport
Bergé, pour ce que j’en sais, met en avant c’est in fine l’inadéquation entre la formation dispensée et les attentes des chefs d’entreprise qui voudraient des merles blancs payés au lance-pierre. Le tout noyé dans les
circonlocutions d’usage dans ce genre d’exercice qui vise surtout
la galerie pour donner l’impression d’une réflexion de fond.
Malheureusement les
écoles sont soit grandes pour quelques unes soit médiocres pour la
plupart et livrent soit des éléments formatés sans réelle valeur
soit des laissés pour compte qui arrachent un diplôme sans vraie
valeur marchande.
Chacun sait pour
l’avoir vécu lui-même ou pour avoir pu par personne interposée
s’en rendre compte que le niveau du corps enseignant est lui-même en
chute libre, c’est l’inculture des écoliers qui le tire vers le fond.
Il n’est donc en quelque sorte pas anormal que
les élèves qui survivent à leur enseignement routinier ne soient
pas des foudres de guerres voire restent des cancres absolus pour
lesquels le marché du travail n’offrent guère de perspectives à
la hauteur de leurs ambitions qui sont indirectement proportionnelles
à leur intrinsèque médiocrité.
Ce n‘est pas
d’hier mais d’avant-hier que l’orthographe est devenue la
parente pauvre du cours de français et que les enseignants chargés
de répandre la bonne parole sont eux-mêmes trop souvent
défaillants dans la connaissance de la langue pour en transmettre les règles, je ne parle même pas
des subtilités.
La qualité des
formateurs est le préalable nécessaire sinon suffisant pour appeler
à la connaissance de jeunes têtes.
Je cite souvent mon
grand-père qui n‘avait fait que ses primaires ( comme on les appelait à l’époque )et encore en
apportant son aide en saison aux travaux des champs et qui écrivait
sans faute. Des phrases simples qui n’étaient pas de grande
facture littéraire mais elles allaient à l’essentiel sans tordre la
syntaxe.
Sa culture était
certes limitée aux grands noms du Panthéon des arts et littérature
et aux illustrations du roman national, ce qui est encore énorme
quand des diplômés ne savent même plus qui est Robespierre ou n’y
voient qu’une station du RER où que sais-je...
Chacun connaît
malheureusement autour de soi de super-diplômés qui ne peuvent en
dire autant.
Alors je pense qu’il
faut réhabiliter l’ enseignement fondamental et donner aux
instituteurs à la fois des moyens et la considération notamment
salariale qui s’impose pour ceux qui sont au premier rang de
l’affermissement de la langue pour les jeunes esprits.
Toute mesure
qui va dans ce sens et dont on n’évaluera les résultats probants
que dans quelques années me semble valable, rapport Bergé ou pas.