Sur Twitter, le journaliste de
Mediapart Fabrice Arfi a pointé la stratégie de défense de Nicolas
Sarkozy qui consisterait à faire croire que "le dossier repose
uniquement sur le témoignage de Takieddine".
Fabrice Arfi écrit : « Vous
avez compris la stratégie de défense (médiatique) de Sarkozy,
opportunément mise en scène ce matin dans Le Figaro : faire croire
que le dossier repose uniquement sur le témoignage de Takieddine.
C’est faux. Archi-faux. La preuve dans cet article :
https://www.mediapart.fr/journal/international/210318/argent-libyen-sarkozy-mis-en-examen
De nombreux autres témoignages sont
venus en effet appuyer la thèse d’un financement libyen.
1- Le témoignage d’Abdallah Senoussi.
Concernant le témoignage d’Abdallah
Senoussi, ex-chef des services secrets libyens, Nicolas Sarkozy
préfère mettre en avant le profil sulfureux de son accusateur, qui
n’est "pas un témoin de moralité, s’agissant d’un homme qui a
mis en oeuvre l’attentat au DC10 d’UTA (au Niger) qui a coûté la
vie à des dizaines de nos compatriotes".
Reste qu’en 2012, Abdallah Senoussi
avait déclaré lors d’une audition dans le cadre de poursuites de la
Cour pénale internationale avoir « personnellement supervisé »
le transfert de cinq millions d’euros "pour la campagne du
président Nicolas Sarkozy en 2006-2007".
2- La note de Moussa Koussa publiée
par Mediapart.
Nicolas Sarkozy s’attaque à la note de
Mediapart, « comble de la manipulation ». Dans cette note de
Moussa Koussa publiée le 28 avril 2012 par le site d’investigation,
l’ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye,
affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour "50
millions d’euros" la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
D’après ce document, les 50 millions d’euros correspondent à un
« accord de principe » lors d’une réunion qui se serait
tenue le 6 octobre 2006 en présence de Brice Hortefeux et de l’homme
d’affaires Ziad Takieddine.
De quoi fragiliser la ligne de Nicolas
Sarkozy qui affirme "qu’entre 2007 et le 10 mars 2011, il n’y
aucune espèce d’allusion au prétendu financement de la campagne".
Au sujet de cette note, Nicolas Sarkozy cite un rapport des
enquêteurs dans l’instruction menée par le juge d’instruction René
Cros qui évoquerait "une forte probabilité pour que le
document produit par Mediapart soit un faux".
Toutefois, Nicolas Sarkozy avait porté
plainte pour faux et publication de fausses nouvelles, mais l’affaire
s’était soldée par un non-lieu en mai 2016. Les juges avaient alors
estimé qu’« indépendamment de son contenu », il n’a pas pu
être démontré qu’il s’agit d’"un support fabriqué par
montage« ou »altéré par des falsifications".
L’ancien président de la République s’est depuis pourvu en
cassation.
3- Le carnet libyen de Choukri Ghanem.
Le candidat malheureux à la primaire
LR de 2016 ne mentionne pas non plus le carnet de Choukri Ghanem,
ancien ministre du Pétrole entre 2006 et 2011, et datant de 2007.
Retrouvé mort à Vienne en 2012, il avait écrit dans ce carnet le
29 avril 2007 le compte rendu d’une réunion avec Bachir Saleh, à
l’époque directeur de cabinet de Kadhafi. Selon les écrits de
Ghanem, Saleh aurait affirmé avoir donné 1,5 millions d’euros au
candidat de l’UMP.