Une championne d’échecs interdite de tournoi en Tunisie
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@redneck
J’ai déjà commenté cette nouvelle abominable qui fait suite à bien d’autres du même tonneau ces derniers mois. Je n’ai pas l’habitude d’envoyer plusieurs fois le même message, mais pour gagner du temps je recopie une intervention qui contient aussi des informations utiles sur cette loi que beaucoup commentent à partir du discours de ses détracteurs sans même avoir pris soin d’en prendre connaissance.
Court extrait , en bas de page, d’un
article un peu plus documenté que celui, fort peu savant, que
vous signalez. Je ne cite que le début de ce deuxième point, qui
est beaucoup plus long. Vous confondez, comme beaucoup de gens, la
situation existante à l’époque du mandat britannique, et la
situation actuelle.
Il n’y a pas plus de constitution en
Israël qu’en Angleterre. Seulement des « lois
fondamentales ». Cela peut créer quelquefois des vides
juridiques, lesquels seront traités au cas par cas, C’est ce qui
se passe en ce moment.
On peut discuter de l’opportunité de
cette loi qui divise l’opinion alors même que le danger aux
frontières appellerait à l’unité, mais Israël, un pays grand
comme 3.25 départements français est désormais au huitième rang
des puissances mondiales, et il n’y a plus qu’un monde musulman
terroriste et arriéré pour contester sa capitale. Les choses, peu à
peu, rentrent dans l’ordre, c’est bien légitime et c’est
parfaitement nécessaire.
J’apprenais vers deux heures du matin
que le Hamas, pressé par l’ONU et par l’Egypte, acceptait un
cessez-le feu. Ce n’est pas trop tôt, mais je n’y crois pas
trop.
Sur la question de l’apartheid, il y
aurait beaucoup à dire. Que penser d’états qui interdisent à des
sportifs israéliens de concourir dans des compétitions sur leur
sol ? Je voyais hier une petite fille israélienne de sept ou
huit ans qui vient d’être déclarée championne d’Europe aux
échecs. Elle rêve d’être championne du monde dans la catégorie
des jeunes de son âge, mais elle ne le pourra pas : le
championnat du monde devant se tenir dans un pays musulman qui lui
interdira de concourir. Vous trouvez ça normal ?
Ce que cette crapule d’Adolf Hitler
n’avait même pas osé faire aux jeux olympiques de 36 où l’on
avait vu courir -et gagner !- Jess Owens, américain noir, des
états arabes se le permettent désormais. Les cent mille Juifs qui
vivaient en Tunisie en 48 ne sont plus que 1500. Pourquoi sont-ils
partis, à votre avis ? Et pourquoi n’y a-t-il plus qu’entre
trois et quatre mille Juifs dans votre pays où ils étaient plus
de 230 mille en 45 ?
Dans le même temps, la population
arabe d’Israël aura été multipliée par 7 ? Pourquoi ?
A cause des mauvais traitements, d’un ostracisme, d’un
apartheid ?
Quand Israël adopterait à l’égard
des Arabes sur son sol la même politique d’ostracisme que tous les
états musulmans sans exception depuis 48, l’Européen que je suis,
soucieux des droits de l’homme, serait bien fondé à protester,
mais aucun citoyen du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de
l’Egypte, de l’Irak ou de l’Iran ne pourrait le faire sans
paraître odieux. Si on ne veut pas être ridicule, il vaut toujours
mieux commencer par balayer devant sa porte.
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http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/israel-3pol-lng.htm
2 Le statut juridique de l’hébreu
et de l’arabe
Le statut des langues fut défini par la Grande-Bretagne avant
l’instauration de l’État d’Israël. Dans dans l’Ordonnance
en Conseil privé sur la Palestine (1922) (Palestine Order in
Council), promulguée le 10 octobre 1922, qui tenait lieu de
Constitution, l’article 82 stipulait que l’anglais, l’hébreu
et l’arabe seraient les trois langues officielles des actes
d’autorité publique, de l’Assemblée législative, de
l’administration, des cours de justice, etc. :
Article 82
Toutes les ordonnances, tous les avis et actes officiels du
gouvernement, de même que tous les avis officiels des autorités
locales et municipales dans les zones prescrites en vertu d’un
décret du Haut Commissaire, doivent être publiés en anglais, en
arabe et en hébreu. Les trois langues peuvent être utiliséesdans
les débats et les discussions du Conseil législatif et peuvent être
assujetties à tout règlement qui, à l’occasion, est adopté par
les services gouvernementaux et les tribunaux.
En cas de conflit entre la version anglaise d’une ordonnance,
d’un avis officiel ou d’un formulaire officiel et sa version
arabe ou hébraïque, la version anglaise prévaudra.
Cet article de l’ordonnance de 1922 a été le seul texte
juridique à portée linguistique jusqu’à la création de l’État
d’Israël. Jamais le Parlement, la Knesset, n’a adopté de loi
définissant le statut de l’hébreu et de l’arabe. La législation
israélienne repose donc sur une règle du mandat britannique
déclarant trois langues comme co-officielles sur le territoire qu’on
appelait alors la « Palestine ». Le statut des langues a
continué d’être régi juridiquement par l’ordonnance
britannique de 1922, à l’exception d’une modification importante
sous la forme d’un article 15b de l’Ordonnance
sur le droit et l’administration, n° 1, 5708 (1948), qui
stipule ce qui suit :
Article 15
Autres adaptations de la loi
a) La « Palestine », partout où elle apparaît dans
la loi, doit dorénavant être lue comme « Israël ».
b) Toute disposition juridique requérant l’usage de la
langue anglaise est abrogée.
C’était une façon pour les Juifs de s’affranchir de la
prépondérance de l’anglais, sans l’interdire. Aux yeux des
dirigeants politiques de 1948, seul l’hébreu se trouvait digne
d’être la langue nationale de tous les Juifs, tout
particulièrement dans la fondation d’un État national sur le
territoire même où cette tradition linguistique plusieurs fois
millénaire était d’abord apparue. En même temps, de nouvelles
migrations issues des pays arabes renforcèrent l’idée que le
yiddish ne pouvait être une langue fédératrice pour les Juifs de
souche sépharade ou orientale et il apparaissait prématurée
d’éliminer l’arabe parlé par une bonne partie de la population
musulmane. Cette période de ressentiment envers l’anglais était
perçue comme une réminiscence du Mandat britannique peut aussi
s’expliquer par le fait qu’Il fallait défense l’hébreu en
réduisant la concurrence d’une langue trop forte.