Haro sur les gilets jaunes. Invité ce mardi 20 novembre de la matinale de France 2, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dénoncé la « dérive totale d’une manifestation qui pour l’essentiel était bon enfant samedi ». Et de marteler : « On voit qu’on a une radicalisation, avec des revendications qui ne sont plus cohérentes, qui vont dans tous les sens ».
La veille déjà, le fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron n’avait
pas hésité à pointer la responsabilité des gilets jaunes, qui
monopolisent des effectifs de police, en cas… d’éventuelle attaque
terroriste.
️ @CCastaner
"On a une dérive totale d’une manifestation qui pour l’ensemble était
bon enfant samedi, il y a une radicalisation avec des revendications
incohérentes.« #GiletsJaunes #Les4V @telematin pic.twitter.com/Cm2zsyP4ce
— Caroline Roux (@Caroline_Roux) November 20, 2018
Castaner brandit le risque d’attentat
Alors »que notre pays doit faire face à des risques sécuritaires majeurs, dont le risque terroriste qui est toujours présent, a-t-il ainsi lancé lors d’une conférence de presse lundi soir, il
faut avoir en tête que la mobilisation massive de nos forces de
sécurité a aussi un effet sur notre capacité à intervenir sur d’autres
sites du territoire"… En clair, le risque d’attentat est décuplé par les manifestations des gilets jaunes.
Une allusion qui intervient après les révélations du Parisien ce
lundi, selon lesquelles quatre hommes, mis en examen et placés en
détention provisoire depuis samedi dans le cadre d’une enquête
antiterroriste, sont soupçonnés d’avoir voulu profiter de la
mobilisation des forces de l’ordre au cours des manifestations des
gilets jaunes pour commettre un attentat le 17 novembre, premier jour du
mouvement.
Il
faut avoir en tête que la mobilisation massive de nos forces de
sécurité a aussi un effet sur notre capacité à intervenir sur d’autres
sites du territoire.
Et ceci alors que notre pays fait face à des risques sécuritaires majeurs, dont le risque terroriste qui est présent. pic.twitter.com/QZTYH8WINL
— Christophe Castaner (@CCastaner) November 19, 2018
Des points de blocage « systématiquement débloqués »
Mais
sans attendre une nouvelle attaque terroriste, les manifestants
anti-Macron sont déjà responsables de bien des maux, aux yeux du
ministre de l’Intérieur. Outre le décès et les 528 blessés du samedi 17
novembre, Christophe Castaner a ainsi rapporté le cas, lors de cette
même conférence de presse Place Beauvau, de l’échec d’une intervention
du Samu : "Ce matin, à Angoulême, un véhicule du Samu a été empêché
d’intervenir sur une dame âgée qui faisait l’objet d’un incident
médical. Cinquante minutes pour faire trente kilomètres. La personne est
morte cet après-midi. C’est aussi ça la réalité".
Alors que
le mouvement se poursuit à plusieurs endroits du territoire ce mardi,
le ministre de l’Intérieur a demandé son arrêt aux endroits stratégiques
: "Je demande solennellement, mais fermement, à ceux et
celles qui veulent manifester de continuer à manifester s’ils le
veulent, mais sans chercher à bloquer et à atteindre la liberté de
chacune et chacun« . »Les opérations de déblocage vont donc se poursuivre dans les heures qui viennent« , a-t-il annoncé, précisant avoir demandé aux préfets et aux forces de l’ordre de »veiller à dégager systématiquement, mais méthodiquement, sans confrontation, les dépôts pétroliers et les sites sensibles« . »Des
interventions ont encore eu lieu cette nuit et auront lieu dans les
minutes qui viennent. Les dépôts pétroliers seront systématiquement
débloqués« , a-t-il ajouté ce mardi matin. »