Si les Gilets jaunes sont dans la rue, c’est parce qu’il n’y a pas d’autres moyens de se faire entendre.
Les termes les plus usés de démocratie, d’élections, de représentation, de république, sont évoqués à chaque instant pour décrire et justifier l’état actuel de la société, de son économie, et les décisions prises par les gouvernants.
Je constate que les avis sont partagés quant à la pertinence de ce mouvement, sa représentativité, son avenir ; et chacun y va de son commentaire, du plus engagé au plus frileux, en passant par les cyniques et les indifférents.
Ce que personne ne semble se demander, c’est : comment en est-on arrivé là ? Où se tient la représentation nationale ? Où se terrent les élus de toutes sortes, et ils sont nombreux ? Comment cette machine si bien huilée, aux dires de la plupart, peut-elle engendrer un tel mouvement de révolte ?
Alors, devant un tel échec la population veut reprendre les choses en mains, et c’est normal, je dirai même nécessaire. L’hypocrisie qui consiste à dire que l’électeur a le pouvoir de désigner ses représentants, mais que quand ces mêmes représentants échouent lamentablement, il n’y a plus rien à faire, cette tromperie engendre la juste colère.
Espérons que le mouvement en route arrivera à cristalliser des exigences et des transformations durables, et ce malgré les hésitations, les doutes et sous le regard désabusé de ceux qui en profiteront sans rien faire.